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9 septembre 2026
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Soisy-sous-Montmorency : le maire s’octroie +173 % d’indemnité dès son premier conseil

C’est précisément sur ce point que la justification du maire se heurte à ses propres limites. Nicolas Naudet a présenté la hausse comme une compensation logique puisqu’il « ne cumule pas », à la différence de son prédécesseur. Ses opposants rappellent que les mandats syndicaux constituent bien un cumul de revenus d’élus, même s’ils relèvent d’une nature juridique différente.

Un contexte local qui amplifie la controverse

Nicolas Naudet a été élu en mars 2026 avec 42 % des suffrages, dans un scrutin que plusieurs observateurs locaux ont décrit comme un vote de rejet de l’équipe sortante plutôt que comme un véritable plébiscite. Il était pourtant lui-même conseiller municipal depuis onze ans sous l’administration précédente.

Un contexte local qui amplifie la controverse
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Ce passé n’est pas sans importance. En 2021, Naudet avait voté en faveur d’un accord amiable permettant à l’ancien maire de ne pas rembourser un million d’euros d’indemnités versées illégalement — la commune ayant accepté en échange une « compensation pour préjudice » de 410 615 euros versée à l’ex-édile. Ce précédent résonne aujourd’hui différemment aux yeux de nombreux habitants.

Omar Bekare, élu sans étiquette et principal opposant au maire, n’a pas ménagé ses mots. Sur son blog, il qualifie la décision de « choquante » et affirme n’avoir jamais observé une telle hausse « dans aucune autre commune de France ». « La gestion d’une commune n’est pas un métier, mais un engagement au service des habitants », a-t-il déclaré, contestant la légitimité d’une telle revalorisation.

La polémique intervient dans un contexte national sensible sur la question du pouvoir d’achat. Alors que de nombreux Français subissent encore les effets des crises successives des dernières années, la décision d’un élu de quasiment tripler son indemnité dès les premiers jours de son mandat est perçue par une partie de la population comme un signal particulièrement mal venu.

L’affaire de Soisy-sous-Montmorency dépasse le cadre d’un simple fait divers municipal. Elle met en lumière les limites d’un cadre juridique que certains conseils peuvent pousser à l’extrême sans contrôle extérieur immédiat. La loi Gatel, conçue pour valoriser l’engagement des élus locaux, se retrouve au cœur d’une controverse qui illustre les risques d’un dispositif trop souple. La légalité de la délibération reste à établir formellement, tandis que la confiance des habitants envers leurs représentants — déjà éprouvée par l’affaire de 2021 — prend un nouveau coup. Plus largement, cet épisode relance le débat sur la transparence des rémunérations des élus locaux et sur la nécessité d’un regard plus systématique sur leurs décisions indemnitaires.

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