
« La France Fait Pitié » : un Réquisitoire Lucide Contre un Pays qui Ne S’aime Plus
Sur ce terrain identitaire, Sonia Mabrouk n’y va pas par quatre chemins. Si les frontières physiques sont en état de délabrement, c’est la frontière intérieure — celle de l’adhésion nationale — qui l’inquiète davantage.
Elle pointe d’abord une défaillance du débat public : le politique serait le seul capable d’agir, mais la « bataille des idées », elle, « n’est pas menée ». Résultat : un vide que personne ne comble, et une France qui perd jusqu’à l’envie de se défendre elle-même.
C’est là qu’intervient son diagnostic le plus tranchant. « Je trouve que la France fait pitié aujourd’hui, qu’elle ne donne pas envie. » Des mots qui frappent d’autant plus qu’ils viennent d’une femme venue d’ailleurs, qui a précisément choisi cette France comme sienne. Pour elle, le problème est existentiel : « Comment voulez-vous adhérer à un pays qui ne s’aime pas. Un pays qui se regarde dans un miroir chaque matin, qui se trouve haïssable. »
La métaphore du miroir est saisissante. Ce n’est plus une critique politique classique — c’est un constat de dépossession de soi. Sonia Mabrouk ne parle pas au nom des étrangers, mais au nom de ceux qui ont voulu s’assimiler et qui se heurtent à un pays incapable de leur tendre la main avec fierté.
Une conviction que la journaliste n’exprime pas pour la première fois — et qui s’inscrit dans une réflexion bien plus ancienne sur l’assimilation.
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