
« L’Antiracisme, C’est L’Assimilation » : une Conviction Portée de Longue Date
Ce diagnostic sur un pays incapable de s’aimer n’est pas une saillie récente. Dès 2024, dans une interview accordée au JDD, Sonia Mabrouk développait déjà cette pensée avec la même précision chirurgicale.
Sa thèse centrale : le véritable antiracisme n’est pas la différenciation, mais l’assimilation. « Car on considère que l’autre peut avoir les mêmes songes et partager les mêmes gloires », expliquait-elle alors. Une définition à contre-courant, qui refuse le communautarisme comme horizon politique.
Face à ce modèle, elle dresse un constat d’échec : « Avant, la France faisait envie et en appelait à l’unité. Aujourd’hui, elle fait pitié tout en vantant l’éloge des communautés. » Le glissement est clair — d’une République fédératrice à une mosaïque de replis identitaires.
Mais c’est sa dernière observation qui révèle toute la complexité du sujet. Il existerait un désir d’assimilation « inassouvi, caché, et parfois même honteux », parce que « on risque un procès en trahison si on marque trop son attachement à la France quand on vient d’ailleurs ». Un paradoxe cruel : ceux qui veulent le plus s’intégrer seraient aujourd’hui contraints de le taire.
Ces prises de position cohérentes, portées sur plusieurs années et dans des contextes différents, dessinent le portrait d’une journaliste dont les convictions ne s’adaptent ni aux plateaux ni aux courants dominants.
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