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27 juin 2026

Sophia Chikirou jugée pour escroquerie : le procès qui ressuscite l’affaire Le Média

‘Ni victime, ni préjudice’ : la stratégie de défense de la députée

Face aux accusations, Sophia Chikirou mène une défense sur deux fronts simultanément. Sur le plan juridique, elle conteste la qualification pénale des faits. Dans une déclaration transmise à l’AFP, elle affirme qu’il n’existe « ni victime, ni préjudice, ni même de réalité frauduleuse établie » et dénonce ce qu’elle appelle « huit années de harcèlement judiciaire et médiatique ».

'Ni victime, ni préjudice' : la stratégie de défense de la députée
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Sur le plan médiatique, elle répond aux soupçons d’enrichissement personnel qui circulent à son sujet depuis plusieurs années. Dans un entretien au magazine Elle, la députée décrit son quotidien sans ostentation : « Je vis dans un F2 de 50 mètres carrés dans le 20ᵉ arrondissement, que je loue dans le privé. » Une déclaration destinée à déconstruire l’image d’une élue enrichie par ses activités politiques.

Dans le même entretien, elle balaie les accusations portant sur sa société de communication. « On m’accuse d’avoir surfacturé, puis d’une machine à café, d’un micro-ondes… C’est absurde », dit-elle. Elle évoque également sa vie personnelle — elle s’occupe en alternance de son père de 77 ans avec ses frères et sœurs — sur un ton mêlant agacement et volonté de normalité : « Voilà ma vie ! »

Une figure clivante dont les ambitions parisiennes ont tourné court

L’audience du 12 mai s’inscrit dans un contexte politique chargé pour Sophia Chikirou. Elle était candidate de La France insoumise à la mairie de Paris pour les municipales de 2026, une candidature qu’elle présentait comme une nécessité politique. Elle a finalement obtenu 7,96 % des suffrages au second tour, un résultat qui a mis fin à ses espoirs de conquérir l’Hôtel de Ville.

Une figure clivante dont les ambitions parisiennes ont tourné court
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Au sein même de LFI, son profil divise profondément. Des proches la décrivent comme « une vraie bosseuse » ou « une machine politique ». Mais d’anciens alliés se montrent beaucoup plus sévères. Danielle Simonnet a déclaré : « J’ai toujours dit qu’il fallait faire attention à son profil, qui manque de constance », allant jusqu’à qualifier la députée d’« opportuniste, toxique et sans limites ».

L’affaire du Média n’est pas le seul dossier judiciaire qui pèse sur la députée. Sophia Chikirou fait également face à des accusations de fraude aggravée liées aux finances de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017, une procédure distincte qu’elle conteste aussi. Cette accumulation de mises en cause judiciaires complique durablement son positionnement au sein d’un mouvement qui traverse lui-même de vives tensions internes.

Cette affaire illustre les tensions persistantes qui entourent Sophia Chikirou, à la fois au sein de La France insoumise et dans son rapport à la justice. La conjonction d’un résultat décevant aux municipales parisiennes et de deux procédures judiciaires en cours redessine durablement son avenir politique. Pour la webtélé Le Média, ce procès est aussi un rappel douloureux des fractures qui ont marqué ses premières années d’existence — et qui n’ont, visiblement, pas fini de produire leurs effets.

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