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17 août 2026
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Superprofits de TotalEnergies : Le Pen agite la taxe, toute la classe politique s’embrase

En parallèle, le RN promet une baisse de la TVA sur les carburants de 20 % à 5,5 %, une mesure qui, si elle était appliquée, réduirait mécaniquement le prix à la pompe. Mais au sein du parti, Jordan Bardella se montre plus réservé sur la taxe : « Pourquoi pas », a-t-il concédé sur BFMTV, avant d’ajouter qu’il ne croit pas que la priorité, dans « un pays qui a 46 % de prélèvements obligatoires », soit d’inventer de nouvelles taxes.

Un front transpartisan, mais des propositions très divisées

Le débat sur les superprofits déborde largement du seul Rassemblement national. À gauche, les socialistes ont annoncé leur intention de déposer une proposition de loi pour taxer « les superprofits des profiteurs de crise ». Boris Vallaud propose de calculer ces superprofits comme un excédent de 20 % sur la moyenne des résultats des trois dernières années, et d’y appliquer une taxe de 20 à 40 % — ce qui permettrait à l’État de récupérer « à peu près deux milliards » d’euros.

Un front transpartisan, mais des propositions très divisées
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Les écologistes vont encore plus loin : Marine Tondelier, cheffe des Verts, préconise un taux de 66 % sur ces mêmes profits exceptionnels, un niveau qui enverrait, selon ses partisans, un signal fort aux grandes entreprises bénéficiant de crises géopolitiques.

Du côté du gouvernement, la prudence est de mise. Le Premier ministre Sébastien Lecornu n’envisage pas de taxe nationale immédiate et évoque plutôt une réponse coordonnée au niveau européen. La porte-parole Maud Bregeon a déclaré que l’exécutif ne « s’interdisait rien » par principe, tout en appelant à ne pas « tomber dans le Total-bashing ». Le gouvernement a par ailleurs appelé TotalEnergies à « redistribuer ses éventuels profits exceptionnels », sans pour autant passer par la contrainte législative.

Cette diversité de positions illustre la difficulté pratique de la mesure : la rente pétrolière étant mobile à l’échelle internationale, une taxation nationale unilatérale soulève des questions de compétitivité et de risque de délocalisation des bénéfices — un argument que l’exécutif n’a pas manqué d’avancer pour justifier sa préférence pour une approche concertée entre États membres.

Le bras de fer autour des superprofits de TotalEnergies met en lumière une tension structurelle : celle entre la légitimité des bénéfices d’un grand groupe national et l’exigence croissante de redistribution en période de crise. Le plafonnement volontaire des prix constitue un geste inédit, mais il reste conditionnel et limité au seul réseau TotalEnergies. L’issue politique dépendra en grande partie de l’évolution de la situation au Moyen-Orient : si les prix continuent de grimper et que le dispositif volontaire s’avère insuffisant, la pression en faveur d’une taxation législative — portée aussi bien par la gauche que par une partie du RN — risque de s’intensifier rapidement, forçant un gouvernement jusqu’ici attentiste à sortir de sa réserve.

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