Un garçon de 9 ans a mis fin à ses jours le 17 avril 2025 à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane française, après que sa mère lui a confisqué son téléphone portable en guise de punition. Le drame s’est produit dans le quartier de Jakata, laissant la commune sous le choc. Le parquet de Cayenne a ouvert une enquête pour établir les circonstances exactes des faits.
En bref
- —Drame le 17 avril 2025 à Saint-Laurent-du-Maroni, Guyane
- —L’enfant seul quelques minutes après la confiscation de son téléphone
- —Enquête ouverte par le parquet de Cayenne
Seul quelques minutes : la chronologie du drame du 17 avril
Tout se passe dans le quartier de Jakata, à Saint-Laurent-du-Maroni. Ce jeudi 17 avril 2025, la mère de l’enfant lui confisque son téléphone portable en guise de punition. Quelques instants plus tard, selon plusieurs médias locaux relayés par la source, elle quitte le domicile pour rendre visite à des voisins. Son compagnon, lui, prend une douche à l’extérieur de la maison.

Le petit garçon se retrouve donc seul à son domicile pendant plusieurs minutes. C’est en rentrant que son beau-père le découvre inconscient. Il pratique immédiatement les gestes de premiers secours en attendant les secours.
Les pompiers et le Samu interviennent et prennent le relais, mais malgré leurs efforts, l’enfant ne peut pas être sauvé. Il aurait fêté ses 10 ans en octobre prochain, d’après l’entourage cité par France Info.
«Un garçon calme, discret et très attaché à ses parents»
Ceux qui connaissaient l’enfant peinent à comprendre. Selon son entourage, dont les propos ont été rapportés par France Info, l’écolier était «un garçon calme, discret et très attaché à ses parents». Rien, dans son comportement habituel, ne laissait présager un tel geste.

La mère et son compagnon, sous le choc, ont tous deux été conduits à l’hôpital dans les heures suivant le drame. L’ensemble de la commune de Saint-Laurent-du-Maroni est décrit comme étant en deuil, et les habitants du quartier de Jakata, selon la source, «n’en reviennent toujours pas».
Une cellule psychologique pourrait également être mise en place dans l’école que fréquentait le garçon, afin d’accompagner ses camarades de classe et ses enseignants face à ce traumatisme.
Saint-Laurent-du-Maroni, ville la plus peuplée de l’ouest guyanais
Saint-Laurent-du-Maroni est la deuxième ville de Guyane française par sa population, située à la frontière avec le Suriname. Le parquet de Cayenne est l’autorité judiciaire compétente pour l’ensemble du territoire guyanais, département et région d’outre-mer de la République française.
Le parquet de Cayenne ouvre une enquête, plusieurs personnes entendues
Face à la gravité des faits, le parquet de Cayenne a ouvert une enquête afin de déterminer les circonstances exactes du décès. Plusieurs personnes ont d’ores et déjà été interrogées par les gendarmes, selon les informations disponibles dans la source.

L’enquête doit notamment établir la chronologie précise des événements et le contexte familial dans lequel le drame s’est produit. Aucune mise en cause officielle n’a été annoncée à ce stade.
Le drame rouvre le débat sur l’addiction des enfants aux écrans
Au-delà du deuil, ce drame a immédiatement relancé les discussions sur le rapport des enfants aux téléphones portables et aux réseaux sociaux. Sur Facebook notamment, les réactions se sont multipliées.

«Se rend-on compte de l’emprise des portables sur la vie de nos enfants ? Soyons vigilants», écrit un internaute. Un autre témoigne : «Plusieurs fois, à la maison, quand la punition est la confiscation d’écrans, c’est une crise de larmes. En plus de l’adolescence, c’est horrible ! Condoléances. Courage».
D’autres messages pointent une réalité plus large : «Voilà le résultat d’une société de consommation, et il n’est pas le seul dans le monde à se donner la mort pour des futilités comme le téléphone portable», peut-on lire. La question de l’addiction aux écrans chez les enfants et des réponses à y apporter — en famille comme à l’école — est ainsi posée avec une acuité nouvelle par ce drame guyanais.
L’enquête ouverte par le parquet de Cayenne est en cours : les gendarmes doivent encore déterminer les circonstances exactes du décès et rendre leurs conclusions. La question de la mise en place d’une cellule psychologique dans l’école de l’enfant reste, à ce stade, à confirmer par les autorités locales. Plus largement, ce drame pose des questions sans réponse tranchée sur les protocoles d’accompagnement des familles et des établissements scolaires face à des situations de détresse liées aux usages numériques chez les plus jeunes.


