📌 Un Français de 18 ans risque deux ans de prison à Singapour pour avoir léché une paille
Posted 27 avril 2026 by: Admin
Un geste filmé, une story Instagram, et une convocation au tribunal. Didier Gaspard Owen Maximilien, étudiant français de 18 ans, risque jusqu’à deux ans de prison à Singapour pour avoir léché une paille d’un distributeur de jus d’orange avant de la replacer dans l’appareil. Les faits, commis le 12 mars, ont été publiés par le jeune homme lui-même sur les réseaux sociaux, déclenchant une procédure judiciaire aux conséquences potentiellement lourdes.
En bref
- —Un étudiant français de 18 ans inculpé à Singapour
- —Deux chefs d’accusation, jusqu’à 2 ans de prison
- —500 pailles remplacées par l’entreprise iJooz
Une story Instagram qui a choqué Singapour
Le 12 mars dernier, dans un centre commercial de Singapour, un jeune Français en visa étudiant se filme en train de lécher une paille prélevée dans le présentoir d’un distributeur de jus d’orange de la marque iJooz, avant de la replacer parmi les autres. L’acte dure quelques secondes. Ce qui suit, en revanche, se prolonge bien au-delà.

Didier Gaspard Owen Maximilien publie les images sur son Instagram Story, accompagnées de la légende « city is not safe » — «la ville n’est pas sûre» —, comme pour revendiquer un geste délibérément provocateur. La vidéo devient rapidement virale, suscitant l’indignation d’une large partie des internautes singapouriens et internationaux.
Selon le journal The Straits Times, la diffusion de la séquence a rapidement «choqué et inquiété» les utilisateurs en ligne. L’ampleur de la réaction sur les réseaux sociaux a contribué à alerter à la fois les autorités et la société iJooz, qui ont tous deux réagi avec rapidité.
Deux chefs d’accusation aux peines très inégales
Les autorités singapouriennes ont retenu deux infractions distinctes à l’encontre du jeune homme. La première, trouble à l’ordre public, est fondée sur le fait que Maximilien savait que la publication de sa vidéo «causerait ou risquerait de causer un désagrément au public». Cette infraction est passible de trois mois de prison et d’une amende.

La seconde charge, plus grave, est celle de méfait intentionnel. Les autorités estiment que le jeune homme était conscient que son acte pouvait engendrer une perte ou des dégâts injustifiés à l’entreprise iJooz. Ce chef d’accusation est passible de deux ans d’emprisonnement et d’une amende.
Les deux chefs ont été déposés devant le tribunal de district de Singapour. Une prochaine audience est fixée au 22 mai 2026. Si Maximilien était reconnu coupable des deux infractions, les peines pourraient théoriquement se cumuler, faisant de cette affaire bien plus qu’un simple incident d’incivilité.
iJooz contraint de remplacer 500 pailles
iJooz est une entreprise technologique singapourienne spécialisée dans les distributeurs automatiques de jus d’orange pressé à la demande. Fondée en 2016, elle opère des centaines de machines réparties dans des centres commerciaux et espaces publics à Singapour et dans plusieurs pays d’Asie.

À la suite de l’incident du 12 mars, la société a été contrainte de remplacer l’intégralité des 500 pailles contenues dans le présentoir du distributeur concerné, par mesure de précaution sanitaire. C’est précisément ce préjudice commercial direct et documenté qui constitue le fondement matériel de la charge de méfait intentionnel retenue contre le jeune Français.
L’entreprise a confirmé avoir mené une enquête interne après la diffusion de la vidéo. Le coût du remplacement des pailles et la perturbation de l’exploitation du distributeur sont les éléments concrets sur lesquels s’appuie le parquet pour établir le dommage causé à iJooz.
Singapour : une tolérance zéro qui s’applique aussi aux étrangers
Singapour est connue dans le monde entier pour la sévérité de son système juridique et l’application stricte de ses lois, y compris pour des comportements que d’autres pays considéreraient comme mineurs. Le Miscellaneous Offences (Public Order and Nuisance) Act et le Penal Code permettent de poursuivre un large spectre d’actes, y compris ceux relayés sur les réseaux sociaux.

Le statut d’étranger n’offre aucune immunité. Bien au contraire : une condamnation peut entraîner, en plus de la peine de prison et de l’amende, la révocation du visa de séjour et l’expulsion du territoire. Pour un étudiant, les conséquences dépassent ainsi très largement le seul volet pénal.
Des avocats singapouriens spécialisés rappellent régulièrement que les ressortissants étrangers — étudiants, expatriés ou touristes — sont poursuivis en vertu de ces mêmes textes sans traitement de faveur. La cité-État a bâti une part de sa réputation internationale sur cette cohérence dans l’application de la loi, que les visiteurs ignorent souvent à leurs risques et périls.
Les lois singapouriennes sur l’ordre public
Singapour applique depuis des décennies une politique de tolérance zéro envers les comportements portant atteinte à l’ordre public. Le Miscellaneous Offences Act et le Penal Code permettent de poursuivre des actes qui, en Europe, relèveraient tout au plus d’une contravention. Cette rigueur s’applique sans distinction aux résidents permanents, aux étudiants étrangers et aux touristes, faisant de la cité-État l’une des juridictions les plus strictes d’Asie.
L’affaire sera tranchée lors de l’audience du 22 mai 2026. Elle illustre, une fois de plus, combien un geste anodin filmé et diffusé sur les réseaux sociaux peut avoir des répercussions judiciaires considérables selon le pays où il est commis. Pour les étrangers en séjour à Singapour — et plus largement dans des États à la législation très stricte —, l’affaire Maximilien constitue un rappel sans équivoque : les lois locales ne font pas de distinction de nationalité, et ce qui prête à sourire en ligne peut se transformer, ailleurs, en affaire pénale.










