📌 Un thermomètre au mercure retrouvé intact dans son ventre vingt ans après l’avoir avalé
Posted 15 avril 2026 by: Admin
Un Chinois de 32 ans souffrant de douleurs abdominales a découvert, au printemps 2026, qu’un thermomètre à mercure avalé accidentellement à l’âge de douze ans était toujours logé dans son corps. Deux décennies de silence, aucun symptôme pendant la majeure partie de ce temps, puis une opération d’urgence de vingt minutes pour extraire l’objet intact. Ce cas, relayé par le South China Morning Post, révèle les dangers durables et méconnus de l’ingestion de corps étrangers.
En bref
- —Un thermomètre avalé à 12 ans, retrouvé 20 ans plus tard
- —Risque élevé de perforation intestinale au moment du diagnostic
- —L’objet retiré intact en 20 minutes — sans jamais s’être brisé
Vingt ans de silence, puis une douleur qui révèle tout
Wang avait douze ans lorsqu’il avala accidentellement un thermomètre à mercure. Trop effrayé pour en parler à ses parents, il garda le secret. Les jours qui suivirent ne produisirent aucun symptôme notable, et l’incident finit par s’effacer de sa mémoire.

Vingt ans passèrent. C’est au printemps 2026 que cet habitant de Wenzhou, dans la province du Zhejiang, au sud-est de la Chine, se résolut à consulter pour des douleurs persistantes à l’abdomen. Rien dans son quotidien ne laissait présager la découverte qui l’attendait.
Le scanner pratiqué à l’hôpital révéla la présence d’un corps étranger dans son duodénum — la portion initiale de l’intestin grêle, située juste après l’estomac. Les médecins identifièrent rapidement l’objet : il s’agissait bien du thermomètre à mercure avalé deux décennies plus tôt, toujours intact.
Une opération de vingt minutes pour un objet vieux de deux décennies
La situation était sérieuse. L’extrémité du thermomètre exerçait une pression directe sur la paroi de l’intestin, faisant craindre une perforation imminente et un risque d’hémorragie interne. Les médecins du Longgang Branch of the First Affiliated Hospital of Wenzhou Medical University décidèrent d’opérer sans délai.

L’intervention dura vingt minutes. Les chirurgiens parvinrent à extraire le thermomètre en intégralité, sans qu’il ne se brise. Le patient put quitter le bloc opératoire sans complication majeure.
Ce qui surprit les praticiens, c’est l’état de l’objet au moment de l’extraction : le thermomètre n’avait jamais cassé durant les vingt années passées dans l’organisme de Wang. Sa migration progressive à travers le système digestif jusqu’au duodénum, sans incident grave, tient selon les spécialistes d’une chance peu commune.
Mercure ingéré : le danger est d’abord mécanique, pas toxique
L’ingestion de mercure suscite spontanément des craintes d’empoisonnement. Pourtant, le mercure liquide élémentaire, tel qu’il se trouve dans un thermomètre médical, présente un risque toxicologique limité lorsqu’il est avalé intact : le tube digestif ne l’absorbe quasiment pas, et il est en grande partie éliminé naturellement par l’organisme.

Le véritable danger est mécanique. Un thermomètre en verre constitue un corps étranger rigide et potentiellement acéré, susceptible de perforer la paroi d’un organe au fil du temps — ce qui était précisément le risque identifié chez Wang, dont l’objet appuyait directement contre la paroi duodénale.
Les spécialistes recommandent, en cas d’ingestion accidentelle d’un corps étranger, de cesser immédiatement de manger et de boire, de limiter la déglutition au maximum, et de consulter un médecin sans attendre l’apparition de symptômes. L’absence de douleur initiale conduit trop souvent à retarder la prise en charge, parfois avec des conséquences graves.
Pourquoi le mercure inquiète
Le mercure est un métal lourd dont la toxicité varie fortement selon la forme d’exposition. Sous sa forme liquide élémentaire — celle des thermomètres médicaux — il est très peu absorbé par la voie digestive. En revanche, ses vapeurs inhalées ou ses composés organiques (comme le méthylmercure présent dans certains poissons) peuvent provoquer de graves atteintes neurologiques et rénales. C’est pourquoi les autorités sanitaires recommandent depuis des années de remplacer les thermomètres au mercure par des alternatives électroniques.
Un phénomène massif en Chine, alors que le thermomètre à mercure disparaît
Le cas de Wang n’est pas isolé. Selon le groupe de presse Wenzhou Daily, plus d’un million de personnes consultent chaque année en Chine après avoir avalé accidentellement un objet. Les enfants représentent plus de 60 % des cas. Parmi les objets le plus fréquemment en cause figurent les arêtes de poisson, les os, les piles, les aimants et les prothèses dentaires.

Ce type d’incident ne se limite pas à la Chine. En juin dernier, un homme de 64 ans avait découvert qu’une brosse à dents était restée coincée dans son organisme pendant cinquante-deux ans, avalée enfant avec la conviction qu’elle finirait par se dissoudre.
Le cas de Wang intervient dans un contexte particulier : la Chine s’apprête à interdire la production de thermomètres à mercure en 2026, une décision motivée par les risques de contamination en cas de bris. L’annonce a provoqué une ruée aux achats et relancé le débat sur l’usage encore très répandu de ces instruments dans les foyers chinois.
L’histoire de Wang, aussi insolite soit-elle, rappelle une réalité médicale bien établie : l’ingestion d’un corps étranger ne doit jamais être minimisée, même en l’absence de douleur immédiate. La discrétion de cet homme pendant vingt ans aurait pu lui coûter bien plus qu’une intervention chirurgicale. À l’heure où la Chine engage la suppression progressive des thermomètres à mercure de son territoire, ce fait divers illustre concrètement pourquoi cette transition est nécessaire — et urgente.










