📌 Urgences saturées à Aix : une patiente de 53 ans décède après deux heures d’attente dans l’ambulance

Posted 8 janvier 2026 by: Admin
Un Drame Aux Urgences D’Aix-en-Provence
Le 6 janvier 2026, à 16 heures, une voisine alerte les secours après avoir découvert du sang devant le domicile de Sandrine I., 53 ans, à Meyrargues. Les pompiers, assistés de la police municipale, pénètrent par la fenêtre et retrouvent la quinquagénaire consciente dans son appartement. Elle s’était blessée au visage lors d’une chute devant chez elle, alors qu’elle était alcoolisée, avant de s’enfermer chez elle. « C’était une personne isolée, sans lien social avec des problèmes d’alcool et qui vivait dans la commune depuis environ deux ans », rapporte Fabrice Poussardin, maire de Meyrargues.
Les pompiers la conduisent aux urgences du centre hospitalier intercommunal d’Aix-Pertuis dans un contexte de « sollicitation importante du service ». La patiente reste deux heures en attente dans l’ambulance, sous surveillance régulière des équipes de secours. C’est alors qu’un arrêt cardio-respiratoire survient dans le véhicule sanitaire. « Son état s’est dégradé rapidement et de manière imprévue pendant la phase d’attente », indique le Service départemental d’incendie et de secours.
Immédiatement prise en charge par les équipes des urgences et de réanimation, Sandrine I. ne survit pas malgré les soins déployés. Son décès est constaté à l’hôpital. La direction présente ses condoléances aux proches et assure « la population aixoise du plein engagement de ses équipes ». Ce décès interroge sur les conditions d’accueil aux urgences dans un contexte de crise sanitaire.
Une Saturation Des Urgences Dans Un Contexte De Grève
Ce drame survient en pleine mobilisation des médecins libéraux contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adopté mi-décembre 2025. Depuis le 5 janvier, l’Hôpital Privé de Provence et la clinique Axium ont annoncé un accès « très restreint » à leurs urgences, amplifiant la pression sur le service public. Les médecins généralistes et spécialistes de ville dénoncent des « attaques » contre leur profession et envisagent une cessation totale d’activité du 10 au 14 janvier.
Face à cette situation, le directeur du centre hospitalier intercommunal d’Aix-Pertuis, Francis Saint-Hubert, expliquait le 6 janvier que l’établissement s’était préparé à un afflux de patients lié à la conjugaison de la grève et de l’épidémie de grippe. « L’ARS a pris en main ce dossier, des réquisitions ont été faites. Des cellules d’organisation sont réunies tous les jours pour pouvoir libérer des lits et accompagner les sorties », précisait-il, tout en recommandant aux patients de contacter le 15 avant tout déplacement.
« L’hôpital est déjà sous tension avec un manque d’effectifs et de lits, à cela s’ajoute le PLFSS que dénoncent à raison les médecins de ville et cliniques privées », souligne René Sale, secrétaire général du syndicat FO des hospitaliers d’Aix-Pertuis. La mobilisation des établissements privés transforme ainsi une crise structurelle en urgence sanitaire immédiate.
Un Système Hospitalier Sous Tension Chronique
Cette urgence immédiate révèle un dysfonctionnement bien plus profond. Depuis plusieurs années, jusqu’à douze véhicules sanitaires patientent régulièrement aux portes des urgences d’Aix, témoignant d’une saturation structurelle du système. « Je travaille à l’hôpital depuis 45 ans, j’ai bien vu la situation se dégrader », s’insurge René Sale, dont le constat illustre une dégradation progressive mais inexorable.
Le manque chronique d’effectifs et de lits se conjugue à un phénomène de concentration forcée. La fermeture successive des urgences de Manosque, Cavaillon et d’autres communes crée un effet domino : les patients affluent vers Aix, dernier recours d’un territoire de plus en plus vaste. Cette centralisation transforme l’hôpital d’Aix-Pertuis en point de convergence d’une crise régionale qui le dépasse.
« Le personnel est saturé, il y en a ras le bol », résume le syndicaliste. Au-delà des chiffres et des statistiques, c’est l’épuisement humain qui transparaît. Les soignants, confrontés quotidiennement à des situations impossibles, voient leur capacité d’intervention limitée par des moyens insuffisants. Cette tension permanente expose désormais les responsabilités politiques qui ont conduit à cette impasse.
Les Accusations Contre La Politique Gouvernementale
Cette impasse trouve ses responsables clairement identifiés. Pour le syndicat FO, « les responsables sont la politique du gouvernement et l’ARS », pointant directement les décideurs qui ont conduit l’hôpital public dans cette spirale. René Sale formule une accusation sans détour : « Au lieu de mettre de l’argent dans l’hôpital public, le gouvernement préfère le mettre dans l’armement et la guerre », établissant un lien direct entre choix budgétaires et capacité de sauver des vies.
Le syndicaliste rappelle la mission première des soignants : « Nous, on est là pour sauver des vies. » Cette phrase résonne comme un cri d’alarme face à des décisions politiques qui fragilisent leur action quotidienne. Le PLFSS 2026, que les médecins libéraux jugent comme des « attaques » contre leur profession, cristallise une colère accumulée depuis des années.
Face à cette situation critique, l’hôpital multiplie les recommandations préventives : contacter son médecin traitant quand possible ou appeler le 15 avant tout déplacement aux urgences. Des consignes qui révèlent l’ampleur du problème quand un service d’urgence doit demander aux patients de ne venir qu’en dernier recours. Cette gestion de flux masque difficilement une réalité : le système public de santé français traverse une crise dont ce décès tragique pourrait n’être qu’un symptôme parmi d’autres.










