Près de cinq ans après le début de la campagne vaccinale mondiale contre le Covid-19, les effets indésirables des différents sérums sont mieux documentés. Une vaste étude internationale, portant sur plus de 99 millions de personnes, a mis en lumière plusieurs risques confirmés, dont certains graves. Les chercheurs appellent toutefois à poursuivre les investigations.
En bref
- —Une étude sur 99 millions de personnes dans 8 pays
- —Myocardite, Guillain-Barré, thrombose parmi les effets confirmés
- —Les chercheurs réclament des recherches supplémentaires
Une pandémie qui a bouleversé le monde
En décembre 2019, un nouveau virus originaire de Chine se propage rapidement à l’échelle mondiale, provoquant l’inquiétude des autorités sanitaires internationales, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La maladie infectieuse baptisée Covid-19 déclenche une pandémie sans précédent dans l’histoire récente.

En France, les premiers cas sont diagnostiqués fin janvier 2020, suivis des premiers décès quelques semaines plus tard. Le 17 mars 2020, un confinement général est imposé à l’ensemble de la population. Levé moins de deux mois après, il laisse place à l’obligation du port du masque.
Face à l’urgence sanitaire, les instances de santé, en lien notamment avec l’Institut Pasteur, engagent une réflexion sur une campagne de vaccination à grande échelle. Plusieurs laboratoires pharmaceutiques — Pfizer, AstraZeneca, Moderna, Johnson & Johnson — conçoivent et proposent leurs vaccins en un temps record, soulevant de nombreuses interrogations dans la population.
Comment les vaccins ont-ils été développés ?
Face à l’urgence de la pandémie de Covid-19, plusieurs laboratoires pharmaceutiques — dont Pfizer, Moderna et AstraZeneca — ont mis au point leurs vaccins en un temps record. Ces sérums ont été administrés à des centaines de millions de personnes dans le monde dès fin 2020. Avec le recul accumulé depuis, la communauté scientifique est désormais en mesure d’identifier plus précisément leurs effets indésirables.
Une étude mondiale d’une ampleur inédite
Pour mieux comprendre les effets des vaccins anti-Covid, le Global Vaccine Data Network a conduit une étude d’envergure exceptionnelle, portant sur plus de 99 millions de personnes. Huit pays ont participé à ce projet : l’Argentine, l’Australie, le Canada, la France, le Danemark, la Finlande, la Nouvelle-Zélande et l’Écosse.

Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Vaccine. Les chercheurs précisent que « la plupart des vaccinés avaient entre 20 et 59 ans » et que « le plus grand nombre de doses a été administré en France ». Les vaccins analysés provenaient des laboratoires Pfizer, Moderna et AstraZeneca.
L’ampleur de l’échantillon confère à cette étude une valeur scientifique significative. Ses conclusions n’ont toutefois pas rassuré les professionnels de santé, ni les patients concernés par d’éventuels effets secondaires.
Les effets indésirables identifiés par les chercheurs
L’étude confirme plusieurs effets indésirables déjà signalés par des spécialistes : hypertension artérielle, myocardite, péricardite, réactions allergiques et saignements menstruels importants figurent parmi les cas documentés.

Plus spécifiquement, les chercheurs ont observé une augmentation du nombre de syndromes de Guillain-Barré ainsi que de thromboses veineuses cérébrales après l’injection de la première dose du vaccin AstraZeneca. Le syndrome de Guillain-Barré se caractérise principalement par une faiblesse musculaire progressive, tandis que la thrombose veineuse correspond à la formation d’un caillot sanguin dans une veine, entravant la circulation sanguine.
Par ailleurs, tous les vaccins étudiés ont accentué le risque de myocardite et de péricardite — des inflammations affectant le muscle cardiaque — « de manière significative », selon les termes mêmes de la revue. Ces pathologies touchent le myocarde, muscle responsable de la contraction du cœur et de la circulation du sang dans l’organisme.
Des débats persistants et des recherches à poursuivre
Malgré ces résultats, le débat scientifique reste ouvert. De nombreux chercheurs et professionnels de santé ne s’accordent pas encore sur le lien direct entre la vaccination anti-Covid et l’apparition de certaines maladies. L’étude elle-même souligne que « d’autres alertes nécessitant un examen plus approfondi ont été identifiées ».

Les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les investigations pour établir avec précision le lien de causalité entre les vaccins et les effets secondaires observés. La prudence scientifique reste de mise, même si les données accumulées sur cinq ans commencent à dessiner un tableau plus clair.
Ces questions dépassent le cadre académique. La star française de la NBA, Victor Wembanyama, a ainsi été touchée par une thrombose veineuse il y a quelques mois, ce qui l’a contraint à mettre un terme prématuré à sa saison sportive — illustrant concrètement les enjeux de santé publique que ces effets secondaires représentent.
Cinq ans après le début de la pandémie, la science dispose d’un recul suffisant pour documenter sérieusement les effets indésirables des vaccins anti-Covid. Si certains risques sont désormais confirmés — myocardite, syndrome de Guillain-Barré, thrombose veineuse — les chercheurs rappellent que des investigations complémentaires restent indispensables pour en comprendre pleinement les mécanismes. Ce travail de long terme est essentiel pour éclairer les décisions de santé publique futures.



