
Les Aveux D’une Femme Qui S’en Veut Encore
Cet homme, c’est Stephen Stills, le cowboy américain qui incarnait tout l’opposé de Michel Berger. « Michel était super sage et moi j’avais besoin du feu. Stephen était le cowboy donc moi, crétine, je me suis fait avoir », avoue-t-elle sans détour. Cette confession révèle la dualité déchirante qui la consumait : choisir entre la sécurité créative et l’incendie passionnel.
« Si j’avais pu les aimer tous les deux en même temps », soupire la chanteuse, résumant ainsi l’impossible équation sentimentale qui la hantait. D’un côté, la complicité artistique parfaite. De l’autre, la pulsion irrésistible du désir brut. Elle opte pour le feu, sacrifiant la raison sur l’autel de l’urgence émotionnelle.
Cinquante-trois ans plus tard, le verdict tombe avec une lucidité implacable : « Je m’en veux parce que j’ai été lâche ». Ces mots, prononcés face à Laurent Delahousse, sonnent comme un aveu public de culpabilité. Pas de justification, pas d’euphémisme. Véronique Sanson assume pleinement sa fuite, qualifiant son acte de ce qu’il fut réellement : une désertion.
Cette franchise désarmante tranche avec les décennies de silence qui ont entouré cette rupture légendaire. À 76 ans, l’artiste refuse les faux-semblants et nomme les choses. Son choix l’a menée vers une autre vie, un autre continent, mais aussi vers des désillusions qu’elle n’anticipait pas.

