Pour étayer ces affirmations, l’émission a diffusé des factures présentées comme authentiques. Selon le récit livré à l’écran, la première statuette aurait été financée par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, et la seconde par Gian Angelo Perrucci, un homme d’affaires italien. Les deux cadeaux auraient été transmis par l’entremise d’un même intermédiaire : l’avocat et lobbyiste Robert Bourgi.
Robert Bourgi, l’homme des réseaux qui sort du silence
Robert Bourgi n’est pas un inconnu du monde politique français. Figure historique des réseaux franco-africains, il a pendant des décennies joué le rôle d’homme de l’ombre entre Paris et plusieurs capitales africaines, facilitant des liens informels au carrefour des intérêts diplomatiques, économiques et personnels.

Dans l’émission, Bourgi affirme avoir lui-même suggéré à Blaise Compaoré d’offrir à Villepin un geste à la hauteur de son goût pour l’histoire napoléonienne. Il présente des factures et détaille le circuit d’acheminement des objets, se posant en témoin direct et documenté des faits.
Mais ce qui confère à cette affaire une dimension particulièrement trouble, c’est l’aveu de Bourgi lui-même : il reconnaît publiquement agir par rancune personnelle envers Dominique de Villepin. En cause, les déclarations de l’ancien Premier ministre au sujet de la condamnation de Nicolas Sarkozy, dont Bourgi est un fidèle. « Je voulais l’empêcher d’aller à l’Élysée », aurait-il confié, selon plusieurs sources concordantes.
Qui est Robert Bourgi ?
Robert Bourgi est un avocat franco-libanais longtemps considéré comme l’une des chevilles ouvrières de la Françafrique, ce réseau informel de relations entre la France et les dirigeants africains. Proche de Jacques Chirac, puis de Nicolas Sarkozy, il s’est illustré en 2011 en révélant publiquement que plusieurs chefs d’État africains finançaient des partis politiques français — des déclarations qui avaient déjà provoqué une onde de choc. Son implication dans l’affaire des costumes de François Fillon en 2017 l’avait remis sous les feux de la rampe.
La défense de Villepin : ignorance de la provenance, offre de restitution
Face aux révélations, Dominique de Villepin a répondu avec une ligne de défense simple et nette. Il affirme avoir reçu les deux statuettes comme de simples cadeaux d’anniversaire, remis directement par Robert Bourgi en tant qu’ami, sans avoir jamais eu connaissance de leur valeur marchande ni de leur véritable origine.

« Je n’aurais jamais accepté ces objets si j’avais connu leur provenance », a-t-il déclaré. Il ajoute qu’il est prêt à les rendre sur simple demande officielle, une formule qui se veut désarmante mais que ses détracteurs jugent insuffisante.
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