
Parmi les profils qui retiennent son attention figurent Airwan, 21 ans, et Daner, 19 ans. Le retraité rentre en Belgique sans avoir rencontré ces deux hommes en personne, mais les échanges continuent à distance. Deux semaines plus tard, il est de retour au Maroc.
C’est Daner qui finit par faire «chavirer son cœur», selon ses propres mots. En un an, Justinien effectuera trois allers-retours à Marrakech, convaincu d’avoir trouvé une nouvelle jeunesse amoureuse.
«J’étais fou amoureux» : des mots doux contre de l’argent
«Il s’appelait Daner. Il était magnifique», confie Justinien. «Malheureusement, je suis sensible à ça.» Fragilisé par sa rupture, le retraité est particulièrement réceptif aux mots d’affection, même envoyés par écran interposé. «J’étais fou amoureux», lâche-t-il.

Très vite, les demandes d’argent s’accumulent. Justinien règle les sorties, offre des vêtements, transfère des sommes sans poser de questions. «J’étais comme hypnotisé», explique-t-il. Il reconnaît que les moments de silence de Daner le rendaient malheureux, mais que les instants de bonheur suffisaient à le retenir. «Les moments de bonheur étaient tellement intenses que je ne voulais pas me réveiller.»
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