38% des Français estiment acceptable le recours à la torture dans certains cas exceptionnels, selon un sondage Ifop. Un chiffre en hausse depuis 2000, révélant ce que l’Acat dénonce comme « un basculement des mentalités ». Plus troublant encore : cette tolérance repose sur une croyance tenace en l’efficacité de ces pratiques, malgré ce que révèlent les études scientifiques.

38% des Français jugent désormais acceptable le recours à la…

Une Acceptation Croissante Qui Alarme Les Défenseurs Des Droits Humains
38% des Français jugent désormais acceptable le recours à la torture dans certains cas exceptionnels. Ce chiffre, révélé par un sondage Ifop pour l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), marque une progression inquiétante : ils étaient 36% en 2016, après les attentats de 2015, et seulement 25% en 2000.
Cette évolution sur vingt-six ans témoigne d’une mutation profonde des mentalités collectives. L’Acat dénonce « une banalisation inquiétante » de pratiques pourtant prohibées par le droit international. « Cette évolution traduit un basculement des mentalités, alimenté par des peurs collectives et une instrumentalisation de la sécurité nationale », souligne Luc Bellière, président d’ACAT-France.
La hausse reste modérée entre 2016 et aujourd’hui, mais la tendance de fond persiste. Les vagues d’attentats terroristes et les discours sécuritaires ont progressivement érodé certaines lignes rouges éthiques autrefois fermement établies. Ce que les défenseurs des droits humains considéraient comme un interdit absolu devient, pour plus d’un tiers de la population, une option envisageable face à des menaces perçues comme exceptionnelles.
Cette tolérance croissante interroge sur la place accordée aux droits fondamentaux dans l’imaginaire collectif français, particulièrement lorsque la sécurité nationale entre en jeu.


