Fragilisée par des années de pertes consécutives, l’enseigne Gifi a officialisé fin 2025 la cession de 25 de ses magasins à Grand Frais, une enseigne alimentaire en pleine expansion. Cette opération, confirmée dans un communiqué officiel, scelle le déclin d’un modèle discount mis à genoux par une concurrence internationale devenue insurmontable. Les six premières villes appelées à accueillir les futurs magasins Grand Frais sont désormais connues, avec des ouvertures attendues au plus tôt au premier trimestre 2027.
En bref
- —Gifi perd environ 1 million d’euros par jour
- —25 magasins repris, 6 premières villes déjà annoncées
- —Ouvertures prévues dès début 2027 après travaux
Gifi au bord du gouffre : comment l’enseigne a perdu pied
L’enseigne Gifi, fondée par Philippe Ginestet et longtemps considérée comme une référence du commerce discount en France, traverse depuis plusieurs années une crise profonde. Selon des sources proches du dossier citées par l’AFP, les pertes de l’entreprise atteindraient environ un million d’euros par jour, une hémorragie financière qui a précipité des décisions de restructuration brutales.

Face à l’urgence, un plan de sauvetage avait été négocié début 2025 : les banques partenaires acceptaient d’effacer 470 millions d’euros de dette, tandis que le fondateur s’engageait à injecter 270 millions d’euros supplémentaires via sa holding GPG. Malgré cet effort considérable, le groupe n’est pas parvenu à enrayer la dégradation de ses comptes.
La responsabilité de cette déroute incombe en grande partie à un environnement concurrentiel radicalement transformé. Action, le discounteur néerlandais, pèse désormais quatre fois plus lourd que Gifi en France avec 4,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires et quelque 300 points de vente supplémentaires. De leur côté, les plateformes en ligne Temu et Shein ont capté une part importante de la clientèle traditionnellement acquise aux enseignes discount physiques.
Ces difficultés ont contraint l’entreprise à des décisions douloureuses : Gifi a annoncé en 2025 la suppression d’environ 300 postes et la fermeture de 11 magasins en France. La cession de 25 emplacements à Grand Frais s’inscrit dans cette même logique de désengagement contraint.
La cession : 25 magasins et des garanties sociales
La transaction a été finalisée fin 2025. Grand Frais reprend au total 25 magasins de l’enseigne lot-et-garonnaise, un périmètre revu à la baisse par rapport aux ambitions initiales : l’opération devait originellement porter sur un nombre légèrement supérieur de points de vente avant d’être recalibrée au fil des négociations.

Sur le plan social, Grand Frais a pris un engagement ferme : un poste sera proposé à l’ensemble des salariés concernés par ces reprises. Pour ceux qui ne souhaiteraient pas rejoindre la nouvelle enseigne, « les mesures d’accompagnement prévues par la réglementation seront mises en œuvre », précise le communiqué officiel. Une garantie jugée essentielle dans un contexte où plusieurs centaines d’emplois avaient déjà été supprimés au sein du groupe.


