Suivez-nous
30 juin 2026

Kiki le coq d’Autun victorieux en appel : le voisin condamné à payer 1 100 €

Le 12 mai 2026, la cour d’appel de Dijon a définitivement tranché : Kiki, le coq d’un hameau d’Autun en Saône-et-Loire, peut continuer à chanter. Son propriétaire, Philippe Brochot, remporte une deuxième victoire judiciaire consécutive contre son voisin, qui avait porté plainte contre les chants de l’animal. Ce dernier est condamné à payer 1 100 € en frais de justice et dommages — et annonce pourtant qu’il ne compte pas en rester là.

Publicité

En bref

  • Kiki victorieux : deux jugements rendus en sa faveur en autant d’instances
  • Voisin condamné à 1 100 € de frais et dommages en appel
  • Le plaignant, seul parmi les riverains à se plaindre, annonce d’autres recours

Un coq, un poulailler et un seul voisin qui se plaint

Dans un hameau proche d’Autun, Philippe Brochot entretient son poulailler depuis 2012. Son coq, surnommé Kiki, y rythme les matins depuis des années sans que les habitants alentour n’aient jamais élevé la voix. Les choses changent lorsqu’un nouveau voisin emménage dans le hameau. Seul parmi tous les riverains, il se plaint du bruit. « De tous les voisins, il n’y en a qu’un seul, le dernier arrivé, que les chants de mon coq dérangent », résume Philippe Brochot dans les colonnes du Parisien.

Un coq, un poulailler et un seul voisin qui se plaint
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le cœur du litige repose sur une question d’apparence simple mais aux lourdes conséquences juridiques : le hameau est-il rural ou urbain ? Dans une zone clairement rurale, les sons liés à l’élevage bénéficient d’une protection légale spécifique. Dans une zone résidentielle assimilée à l’urbain, les règles sur les nuisances sonores s’appliquent bien plus strictement. Selon des relevés produits en justice, Kiki commence à chanter dès 4h15 du matin. Le voisin estime que cette mélodie matinale constitue un trouble anormal du voisinage. Philippe Brochot, lui, a toujours refusé de céder : « Je ne tuerai pas Kiki ! »

Deux défaites judiciaires pour le plaignant : de Chalon-sur-Saône à Dijon

En première instance, devant le tribunal judiciaire de Chalon-sur-Saône, le plaignant avait déjà été débouté. La juridiction avait rejeté ses demandes et l’avait condamné à contribuer aux frais de procédure de Philippe Brochot. Refusant ce premier verdict, il avait fait appel, portant l’affaire devant la cour d’appel de Dijon.

Publicité
Deux défaites judiciaires pour le plaignant : de Chalon-sur-Saône à Dijon
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le 12 mai 2026, la cour d’appel confirme et amplifie la décision initiale. Le voisin est une nouvelle fois débouté. Il est en outre condamné à régler 1 000 € de frais de justice et 100 € de dommages et intérêts directement à Philippe Brochot. Au total, l’appel seul lui aura coûté plus de 1 100 €, sans compter ses propres honoraires d’avocat. Pour Kiki et son propriétaire, c’est un soulagement doublé d’une reconnaissance : le chant du coq, dans ce hameau, n’est pas une nuisance.

14 ans
Le poulailler de Philippe Brochot existe depuis 2012. Quatorze années se sont écoulées sans la moindre plainte de ses voisins — jusqu’à l’arrivée du seul qui ne supportait pas le chant de Kiki.

Un conflit révélateur de la fracture entre néo-ruraux et monde paysan

L’affaire Kiki n’est pas un cas isolé. Depuis une dizaine d’années, les tribunaux français voient se multiplier les procès opposant des nouveaux arrivants aux habitants ruraux installés de longue date. Parmi les cas les plus médiatisés : Maurice, le coq de l’île d’Oléron, dont le chant avait conduit ses propriétaires devant la justice avant qu’ils ne soient relaxés ; des propriétaires de grenouilles condamnés à vider leur mare dans le Pas-de-Calais ; des éleveurs du Cantal poursuivis pour le bruit et les odeurs liés à leurs vaches.

Publicité
Partager sur Facebook