La Suisse lance en 2026 un appel massif à des travailleurs étrangers pour combler une pénurie qui s’étire depuis 2020. Le pays cible 85 000 recrutements, avec des salaires allant de 3 500 à 6 500 euros par mois, dans des secteurs aussi variés que la santé, l’hôtellerie ou l’informatique. Pour les candidats français, le statut de travailleur frontalier offre une voie d’accès sans quitter le territoire.
En bref
- —85 000 postes à pourvoir, jusqu’à 6 500 € par mois
- —Santé, numérique et hôtellerie en tête des recrutements
- —Possible de travailler en Suisse tout en vivant en France
Une pénurie qui pourrait grimper à 365 000 postes d’ici fin 2026
Le manque de main-d’œuvre qualifiée en Suisse n’est pas nouveau : il s’est installé depuis 2020 et s’est progressivement aggravé. Selon les autorités suisses, le déficit actuel est estimé à 85 000 professionnels, mais ce chiffre pourrait atteindre 365 000 d’ici la fin de l’année si aucune solution n’est trouvée rapidement.

Les réfugiés issus du conflit entre la Russie et l’Ukraine, pourtant nombreux à s’être installés en Suisse, ne suffisent pas à répondre à cette demande. Les autorités se tournent donc résolument vers un recrutement international élargi, ciblant des profils expérimentés comme de jeunes diplômés.
La démographie professionnelle aggrave la situation dans certains secteurs. Dans le domaine médical notamment, un médecin sur quatre a plus de 60 ans, ce qui annonce une vague de départs à la retraite imminente et une tension accrue sur les hôpitaux et cliniques du pays.
Médecins, informaticiens, chauffeurs : les dix métiers les plus demandés
Les besoins couvrent un spectre très large, des postes hautement qualifiés aux fonctions opérationnelles. Parmi les métiers les plus recherchés figurent les médecins, les ingénieurs, les informaticiens et les experts en numérique, portés par l’évolution rapide des technologies.

Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration est également en forte demande, tout comme les enseignants, les ouvriers qualifiés, les chauffeurs, les commerciaux spécialisés et les employés domestiques. Les entreprises cherchent des renforts disponibles rapidement, dans tout le pays.
Les salaires proposés reflètent cette diversité : ils démarrent à 3 500 euros par mois pour les postes d’exécution et peuvent atteindre 6 500 euros pour les profils les plus qualifiés. Des agences comme Adecco, implantées en Suisse, centralisent une partie de ces offres et constituent un point d’entrée pour les candidats étrangers.
Une pénurie structurelle qui dure depuis 2020
Le marché du travail suisse souffre d’un déficit de main-d’œuvre qualifiée depuis 2020, accentué par le vieillissement de certaines professions clés comme la médecine. La Suisse, qui ne fait pas partie de l’Union européenne, s’appuie sur des accords bilatéraux pour faciliter la mobilité des travailleurs européens, notamment via le statut de frontalier.


