
La collision survient quelques instants plus tard. La voiture conduite par Antoine Villedieu percute un autre véhicule circulant devant lui à l’entrée d’un rond-point. Le procureur de la République de Vesoul, Arnaud Grécourt, confirmera que la collision a eu lieu après des embardées et à une vitesse « excessive au regard des circonstances ».
La conductrice du véhicule percuté, une femme, n’est pas blessée mais se retrouve en état de choc. Les secours, rapidement dépêchés sur place, prennent en charge le député, lui aussi légèrement atteint. Il est transporté en urgence au centre hospitalier de Vesoul.
Refus de dépistage et enquête ouverte : ce que risque le député
À l’hôpital de Vesoul, les médecins établissent que l’état de santé du député est « incompatible avec une mesure de garde à vue ». Antoine Villedieu ne peut être ni placé en cellule ni auditionné dans l’immédiat. Le procureur Arnaud Grécourt précise qu’il « continue à bénéficier de soins » et n’a, à ce stade, toujours pas pu être entendu sur les faits.

Dans ce contexte, le refus opposé par l’élu aux gendarmes est particulièrement notable. Antoine Villedieu a refusé de se soumettre au dépistage d’alcool comme au dépistage de stupéfiants, rendant impossible toute mesure légale de son taux d’alcoolémie ou d’une éventuelle présence de substances dans son organisme. En droit français, ce refus est assimilé légalement à un aveu d’ivresse.
Une enquête judiciaire a néanmoins été ouverte par le parquet de Vesoul et confiée à la division territoriale de la police judiciaire. Elle vise le député pour quatre infractions distinctes : conduite en état d’ivresse manifeste, refus de vérifications d’alcoolémie, refus de dépistage de stupéfiants, et vitesse excessive eu égard aux circonstances.
Les peines encourues sont significatives. La conduite sous l’emprise de l’alcool est passible en France de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende, auxquels s’ajoutent une suspension du permis de conduire et d’éventuelles peines complémentaires. La cumulation des chefs de poursuite aggrave encore la situation judiciaire du député.
Portrait : de la Seine-Saint-Denis aux bancs de l’Assemblée nationale
Antoine Villedieu, né en 1989, entame sa vie professionnelle dans la police nationale en tant que gardien de la paix. Affecté d’abord en Seine-Saint-Denis, l’un des secteurs les plus exigeants pour les forces de l’ordre, il rejoint par la suite le commissariat de Besançon. En parallèle, il se distingue sur les rings en pratiquant professionnellement la boxe anglaise et le MMA (mixed martial arts), discipline dont il décroche le titre de champion du monde.

En juin 2022, il se présente sous l’étiquette du Rassemblement national dans la 1re circonscription de Haute-Saône et s’impose au second tour avec 54,5 % des voix, battant la députée sortante LREM Barbara Bessot Ballot. En juillet 2024, lors des législatives anticipées consécutives à la dissolution de l’Assemblée nationale, il est réélu avec 53,52 % des suffrages, confirmant son enracinement local.
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