
Malgré l’ampleur des accusations, la journaliste Marine Turchi, qui a conduit l’enquête, a constaté une absence quasi totale de réaction dans les médias français. « En France, il ne s’est rien passé. Quasiment aucune reprise dans les médias. Pas un appel », a-t-elle déclaré vendredi 17 juillet.
Ce sont les médias étrangers qui se sont d’abord intéressés à l’affaire, tandis que la presse française restait silencieuse face à des accusations visant, selon les termes de la journaliste, « le chanteur français le plus populaire ».
Le 15 mai, Flavie Flament sort de l’anonymat et porte plainte
Tout bascule le 15 mai lorsque Flavie Flament décide de révéler publiquement son identité. « Elle a dit: ‘Eva, c’était moi’. Elle a porté plainte pour viol aussi, elle a saisi la justice », a rapporté Marine Turchi.

L’effet est immédiat. « Là, c’était le tsunami. Il y a eu des dizaines et des dizaines d’appels de médias français, des éditions spéciales sur toutes les chaînes », s’est souvenue la journaliste, décrivant un retournement brutal de l’attention médiatique nationale.
Une enquête de longue haleine restée sans écho
Mediapart a mené son enquête sur plusieurs mois, recueillant des témoignages de victimes présumées en France et à l’étranger. L’affaire avait d’abord été relayée par des médias étrangers, tandis que la presse française ne s’en est saisie qu’après la prise de parole publique de Flavie Flament le 15 mai. La procureure de Paris a ensuite annoncé une enquête centralisée couvrant l’ensemble des plaintes déposées.
La procureure de Paris ouvre une enquête centralisée deux jours après la plainte
La réaction judiciaire suit rapidement. Deux jours après le dépôt de plainte de Flavie Flament, la procureure de Paris annonce l’ouverture d’une grande enquête destinée à centraliser l’ensemble des plaintes et à rouvrir toutes les procédures classées concernant Patrick Bruel.

Marine Turchi a salué cette décision, qui donne une dimension judiciaire nouvelle à une affaire jusqu’alors cantonnée à la presse d’investigation. Patrick Bruel reste, en l’absence de tout jugement, présumé innocent.
« Il faut être une femme blanche, puissante, connue, pour être entendue »
Si Marine Turchi reconnaît le rôle décisif joué par Flavie Flament, elle insiste sur la valeur égale des témoignages des autres plaignantes. Elle établit un parallèle avec d’autres affaires: « Il faut des Flavie Flament, comme il faut des Adèle Haenel, comme il faut des Judith Godrèche, des femmes qui, par leur nom, leur notoriété, leur pouvoir, incarnent ces affaires et peuvent porter ces sujets. »
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