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22 juillet 2026
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Affaire Bruel: pourquoi la France n’a réagi qu’après Flavie Flament

Une enquête de longue haleine restée sans écho

Mediapart a mené son enquête sur plusieurs mois, recueillant des témoignages de victimes présumées en France et à l’étranger. L’affaire avait d’abord été relayée par des médias étrangers, tandis que la presse française ne s’en est saisie qu’après la prise de parole publique de Flavie Flament le 15 mai. La procureure de Paris a ensuite annoncé une enquête centralisée couvrant l’ensemble des plaintes déposées.

La procureure de Paris ouvre une enquête centralisée deux jours après la plainte

La réaction judiciaire suit rapidement. Deux jours après le dépôt de plainte de Flavie Flament, la procureure de Paris annonce l’ouverture d’une grande enquête destinée à centraliser l’ensemble des plaintes et à rouvrir toutes les procédures classées concernant Patrick Bruel.

Façade d'un palais de justice en pierre avec escaliers
Image d’illustration © Toptenplay

Marine Turchi a salué cette décision, qui donne une dimension judiciaire nouvelle à une affaire jusqu’alors cantonnée à la presse d’investigation. Patrick Bruel reste, en l’absence de tout jugement, présumé innocent.

« Il faut être une femme blanche, puissante, connue, pour être entendue »

Si Marine Turchi reconnaît le rôle décisif joué par Flavie Flament, elle insiste sur la valeur égale des témoignages des autres plaignantes. Elle établit un parallèle avec d’autres affaires: « Il faut des Flavie Flament, comme il faut des Adèle Haenel, comme il faut des Judith Godrèche, des femmes qui, par leur nom, leur notoriété, leur pouvoir, incarnent ces affaires et peuvent porter ces sujets. »

Silhouette anonyme d'une femme seule dans un grand couloir éclairé
Image d’illustration © Toptenplay

La journaliste pointe néanmoins ce qu’elle perçoit comme un dysfonctionnement structurel dans le traitement médiatique des violences sexuelles. « C’est encore le frein dans ces affaires de violences sexuelles: il faut être une femme blanche, puissante, connue, pour être entendue… Et ces femmes célèbres pourtant, elles prennent aussi des coups », a-t-elle affirmé.

Ce constat interroge directement la visibilité accordée aux victimes présumées anonymes, dont les témoignages, pourtant documentés et publiés, n’avaient pas suffi à déclencher une couverture médiatique nationale.

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