12 mai 2026
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Affaire Bruel : une ex-Miss Alsace témoigne, la tournée sous pression

Mediapart a publié le 7 mai 2026 un second volet de son enquête sur Patrick Bruel, révélant quinze nouveaux témoignages de femmes l’accusant de violences sexuelles. Parmi elles, Florima Treiber, ancienne candidate à l’élection Miss France et ex-Miss Alsace, décrit une agression survenue en 2008 lors de la soirée des Molières. Ces nouvelles révélations portent à plus de vingt le nombre de femmes ayant pris publiquement la parole contre le chanteur, alors que sa tournée anniversaire fait l’objet d’une pétition d’annulation signée par de nombreux artistes.

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En bref

  • 15 nouveaux témoignages publiés par Mediapart le 7 mai 2026
  • 3 enquêtes judiciaires ouvertes en France et en Belgique
  • Une pétition réclame l’annulation de la tournée « Alors Regarde 35 »

Florima Treiber : le récit d’une ex-Miss Alsace

C’est lors de la cérémonie de l’élection Miss France 2007 que Florima Treiber, ancienne mannequin et ex-Miss Alsace, dit avoir rencontré Patrick Bruel pour la première fois. Le chanteur présidait alors le jury de la compétition. En coulisses, il lui aurait communiqué ses coordonnées et évoqué des perspectives professionnelles.

Florima Treiber : le récit d'une ex-Miss Alsace
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Les deux se retrouvent en avril 2008 à la soirée des Molières, où Florima Treiber travaille comme hôtesse. Patrick Bruel l’invite à prendre un verre en fin de soirée. C’est en découvrant qu’il la conduit directement « chez lui » et non dans un bar que la jeune femme dit avoir été déstabilisée.

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Une fois à son domicile, il lui aurait « sauté dessus » sans qu’elle « comprenne ce qu’il se passait ». Frappée de sidération, elle dit avoir mis un certain temps avant de parvenir à l’arrêter. Elle décrit la scène avec des mots qui ont depuis largement circulé : « J’étais face à un animal, la sueur au front. »

Florima Treiber confie aujourd’hui se sentir « trahie » et « salie », en voulant à elle-même d’avoir « cru fort que Patrick Bruel allait l’aider professionnellement ». Son témoignage, livré à Mediapart, s’inscrit dans la vague des nouvelles accusations publiées début mai 2026.

L’enquête Mediapart, point de départ de l’affaire

C’est le 18 mars 2026 que Mediapart a mis le feu aux poudres en publiant une première enquête regroupant huit témoignages contre Patrick Bruel. Le média d’investigation, habitué des grandes affaires de ce type depuis l’accélération du mouvement #MeToo en France, a recueilli ces récits sur plusieurs mois avant publication. L’affaire s’inscrit dans une dynamique plus large de libération de la parole dans le milieu du spectacle français, qui a déjà conduit à des mises en examen et des condamnations contre d’autres figures du secteur.

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Une enquête qui s’amplifie : quinze nouveaux témoignages

L’affaire avait débuté le 18 mars 2026, lorsque Mediapart publiait une première enquête regroupant les récits de huit femmes accusant Patrick Bruel d’agressions et de harcèlement sexuels. L’impact avait été immédiat, ouvrant la voie à de nouvelles prises de parole.

Une enquête qui s'amplifie : quinze nouveaux témoignages
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Moins de deux mois plus tard, le 7 mai 2026, le média d’investigation publie un second volet avec quinze témoignages supplémentaires. Les faits allégués s’étalent sur près de trois décennies, de 1991 à 2019, et couvrent des situations variées impliquant des femmes d’horizons différents.

Parmi ces quinze nouveaux récits, sept femmes décrivent des rapports sexuels auxquels elles affirment ne pas avoir consenti. L’un des témoignages concerne une personne qui était mineure au moment des faits allégués, un élément particulièrement grave sur le plan juridique.

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Daniela Elstner, directrice d’Unifrance — l’organisme chargé de la promotion du cinéma français à l’international —, figure parmi les accusatrices qui ont confirmé publiquement leurs accusations. Sa prise de parole, compte tenu de sa position institutionnelle, a contribué à donner une résonance particulière à cette nouvelle vague de témoignages.

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C’est le nombre de femmes ayant publiquement accusé Patrick Bruel de violences sexuelles depuis le début des enquêtes Mediapart, en mars 2026.

Trois enquêtes judiciaires ouvertes en France et en Belgique

Au-delà de la sphère médiatique, l’affaire a désormais une dimension judiciaire concrète. Trois enquêtes distinctes sont ouvertes contre Patrick Bruel : l’une à Bruxelles, une autre à Paris pour agression sexuelle présumée remontant à 1997, et une troisième à Saint-Malo pour des faits de viol présumé en 2012.

Trois enquêtes judiciaires ouvertes en France et en Belgique
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Ces procédures impliquent des juridictions de deux pays différents, ce qui témoigne de l’étendue géographique des accusations portées contre le chanteur. Chaque dossier suit son propre rythme d’instruction, indépendamment des autres.

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Par la voix de son avocat, Patrick Bruel nie fermement toute forme de violence ou de contrainte dans ses relations avec des femmes. La défense conteste l’ensemble des accusations, maintenant que le chanteur n’a jamais agi de manière forcée.

« La tournée de la honte » : une pétition réclame l’annulation des concerts

Alors que les procédures judiciaires suivent leur cours, une mobilisation citoyenne et artistique s’est organisée autour de la tournée anniversaire du chanteur, intitulée « Alors Regarde 35 ». Le collectif Salon Féministe a lancé une pétition réclamant l’annulation de l’ensemble des dates, qu’ils ont qualifiée de « tournée de la honte ».

Image d’illustration © TOPTENPLAY

La pétition a réuni la signature d’une cinquantaine d’artistes, collectifs et associations féministes, parmi lesquels les actrices Anna Mouglalis, Corinne Masiero et Anouk Grinberg, la journaliste Alice Coffin, la chanteuse Pomme, ainsi que de nombreuses représentations locales de l’association NousToutes.

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La tournée prévoit 57 dates dans 48 villes, en France, en Belgique, en Suisse et au Canada. Les signataires de la pétition ne remettent pas en cause la présomption d’innocence du chanteur, mais invoquent un principe de précaution pour protéger les équipes et le public dans le contexte actuel.

À ce jour, aucune annulation officielle n’a été annoncée par les organisateurs ou les salles concernées. La pression reste néanmoins croissante à mesure que de nouveaux témoignages et soutiens viennent alimenter le débat public.

L’affaire Patrick Bruel illustre désormais comment la parole publique, l’investigation journalistique et la procédure judiciaire peuvent avancer en parallèle sans se substituer l’une à l’autre. Avec plus de vingt femmes ayant témoigné, trois enquêtes ouvertes dans deux pays et une mobilisation artistique inédite autour de sa tournée, le chanteur de 66 ans fait face à une pression sans précédent. La présomption d’innocence demeure un principe intangible : c’est aux tribunaux qu’il appartient de trancher. Mais les prochaines semaines — marquées par les premières dates de la tournée et l’avancement des procédures — s’annoncent décisives, tant pour l’avenir judiciaire du chanteur que pour le débat plus large sur la responsabilité des industries culturelles face aux accusations de violences sexuelles.

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