Suivez-nous
25 juin 2026

Hantavirus : trois morts sur le MV Hondius, ce qu’il faut savoir sur ce virus transmis par les rongeurs

Trois passagers sont morts et cinq ressortissants français ont été rapatriés en urgence après qu’un foyer de hantavirus a été détecté à bord du navire de croisière MV Hondius, en mai 2026. Cet épisode inédit sur un bateau remet brutalement en lumière un virus méconnu du grand public, pourtant présent sur tous les continents et transmis par les rongeurs sauvages. Tour d’horizon des faits, des risques réels et des précautions à prendre.

Publicité

En bref

  • 3 morts à bord du MV Hondius, 6 cas confirmés
  • 5 Français rapatriés, dont un avec des symptômes
  • En France, 100 à 300 cas par an, rarement mortels

Le MV Hondius : comment une croisière s’est transformée en crise sanitaire

Parti d’Ushuaïa, en Argentine, le 1er avril 2026, le navire de croisière MV Hondius devait rallier l’archipel du Cap-Vert avant de terminer sa route aux Canaries. C’est en cours de traversée que les premiers cas de hantavirus ont été signalés à bord, entraînant un blocage du navire et une mobilisation internationale.

Le MV Hondius : comment une croisière s'est transformée en crise sanitaire
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le bilan est lourd : trois passagers sont décédés — un couple de septuagénaires néerlandais et une ressortissante allemande. Au total, six cas ont été confirmés sur huit suspects. L’Organisation mondiale de la santé a identifié 62 contacts à risque, dont 42 ont pu être localisés et placés sous surveillance.

Le 10 mai, les passagers ont finalement débarqué à Tenerife, aux Canaries. Cinq ressortissants français figuraient parmi eux. Rapatriés à Paris dans le cadre d’un protocole sanitaire coordonné entre la France, l’Espagne, les Pays-Bas, l’Union européenne et l’OMS, ils ont été hospitalisés pendant 72 heures pour évaluation clinique et tests virologiques.

Publicité

La situation s’est immédiatement compliquée : l’un des cinq Français a présenté des symptômes dans l’avion de rapatriement lui-même. L’ensemble des passagers concernés devront observer un isolement strict de 45 jours à leur domicile, correspondant à la durée maximale théorique d’incubation du virus. Une réunion de crise a été convoquée à Matignon dès le lendemain du rapatriement.

Qu’est-ce que le hantavirus ?

Les hantavirus forment une famille de virus à ARN hébergés par des rongeurs sauvages — campagnols, mulots, rats — sur tous les continents. Chez l’animal, l’infection passe inaperçue ; chez l’être humain, elle peut provoquer soit une fièvre hémorragique avec atteinte rénale (forme européenne et asiatique), soit un syndrome pulmonaire grave (forme américaine). Il n’existe pas de vaccin disponible en Europe et aucun traitement spécifique n’est largement accessible.

Le virus Andes, une souche à part : la seule capable de se transmettre d’homme à homme

La souche identifiée à bord du MV Hondius n’est pas n’importe quel hantavirus. Le virus Andes, originaire d’Amérique du Sud, est à ce jour le seul hantavirus pour lequel une transmission interhumaine a été scientifiquement documentée. Cette particularité le distingue radicalement des autres souches connues, pour lesquelles seul le rongeur peut contaminer l’être humain.

Le virus Andes, une souche à part : la seule capable de se transmettre d'homme à homme
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Cette transmission entre personnes nécessite néanmoins un contact physique étroit et prolongé — cohabitation dans le même foyer, soins rapprochés, vie commune. Elle n’est pas comparable à la transmission aérienne du Covid-19 ou de la grippe, et ne se produit pas lors de contacts sociaux informels à distance. Selon l’OMS, le risque de propagation étendue reste faible, à condition que des mesures de protection élémentaires soient appliquées.

Publicité
Partager sur Facebook