
Le bilan est lourd : trois passagers sont décédés — un couple de septuagénaires néerlandais et une ressortissante allemande. Au total, six cas ont été confirmés sur huit suspects. L’Organisation mondiale de la santé a identifié 62 contacts à risque, dont 42 ont pu être localisés et placés sous surveillance.
Le 10 mai, les passagers ont finalement débarqué à Tenerife, aux Canaries. Cinq ressortissants français figuraient parmi eux. Rapatriés à Paris dans le cadre d’un protocole sanitaire coordonné entre la France, l’Espagne, les Pays-Bas, l’Union européenne et l’OMS, ils ont été hospitalisés pendant 72 heures pour évaluation clinique et tests virologiques.
La situation s’est immédiatement compliquée : l’un des cinq Français a présenté des symptômes dans l’avion de rapatriement lui-même. L’ensemble des passagers concernés devront observer un isolement strict de 45 jours à leur domicile, correspondant à la durée maximale théorique d’incubation du virus. Une réunion de crise a été convoquée à Matignon dès le lendemain du rapatriement.
Qu’est-ce que le hantavirus ?
Les hantavirus forment une famille de virus à ARN hébergés par des rongeurs sauvages — campagnols, mulots, rats — sur tous les continents. Chez l’animal, l’infection passe inaperçue ; chez l’être humain, elle peut provoquer soit une fièvre hémorragique avec atteinte rénale (forme européenne et asiatique), soit un syndrome pulmonaire grave (forme américaine). Il n’existe pas de vaccin disponible en Europe et aucun traitement spécifique n’est largement accessible.
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