La succession de Robert Debeausse, mort en 2023 à 93 ans, se joue désormais devant la justice. Son dernier testament lègue un patrimoine estimé à 9 millions d’euros à la commune du Pradet, dans le Var, au grand dam de son fils, qui conteste ces dispositions.
En bref
- —Un legs de 9 millions d’euros
- —La mairie du Pradet désignée héritière
- —Le fils invoque un abus de faiblesse
Un testament qui bouleverse la succession
L’affaire commence avec la mort de Robert Debeausse, le 12 août 2023. À 93 ans, cet habitant du Pradet laisse derrière lui un patrimoine important, estimé à 9 millions d’euros, comprenant notamment une maison familiale.

Selon les éléments rapportés par Marie France et Le Figaro Immobilier, les premières dispositions testamentaires du défunt favorisaient sa famille. Le 19 octobre 2020, il avait prévu de léguer sa maison en usufruit à son fils et en nue-propriété à ses petits-enfants.
La situation change ensuite. Après plusieurs modifications, le dernier testament désigne finalement la commune du Pradet comme légataire universel. Ce revirement est au cœur du litige, car il écarte la famille de la plus grande partie de la succession.
La famille dénonce un abus de faiblesse
Le fils du défunt, Jean-Marie Debeausse, conteste ce dernier testament. Représenté par son avocate, il estime que son père n’était plus en mesure de prendre une décision aussi lourde sans influence extérieure.

La famille met en avant l’état de santé du nonagénaire. D’après les éléments cités dans la source, Robert Debeausse était sourd, voyait mal et ne pouvait plus se déplacer seul. Son fils, vivant en Bretagne à plus de 1 000 kilomètres, affirme ne pas avoir pu mesurer la situation au quotidien.
L’argument central repose donc sur un possible abus de faiblesse. La justice devra apprécier si le dernier testament traduit bien la volonté libre du défunt ou si les circonstances de sa rédaction fragilisent sa validité.
Notaire, gardiens et assurance-vie dans le viseur
Un autre point nourrit les soupçons de la famille : le dernier testament n’aurait pas été établi par le notaire habituel de Robert Debeausse. L’avocate du fils s’interroge sur l’intervention d’une nouvelle notaire, décrite dans les sources comme « proche de la mairie ».

La défense de la famille affirme avoir cherché à comprendre à quel titre cette notaire avait été mandatée. Selon l’avocate citée par Marie France, elle n’aurait pas obtenu de réponse satisfaisante à ses demandes d’explication.
Les gardiens de la villa apparaissent aussi dans le dossier. Les sources consultées indiquent qu’un contrat d’assurance-vie aurait été modifié à leur profit, pour un montant de 300 000 euros. Là encore, la famille y voit un élément à examiner dans le contexte général de la succession.
La réserve héréditaire au centre des conséquences
Même si le testament était confirmé, le droit français limite la liberté de déshériter totalement ses enfants. En présence d’un enfant unique, celui-ci bénéficie en principe d’une réserve héréditaire correspondant à la moitié de la succession.

Dans ce dossier, cela signifie que Jean-Marie Debeausse pourrait faire valoir une créance sur la succession, y compris si la commune reste légataire universelle pour le reste du patrimoine. L’avocate de la famille souligne que le testament contesté ne mentionnait pas cette réserve.


