La recherche s’est appuyée sur l’analyse des selles de 117 enfants, répartis entre patients diagnostiqués et témoins neurotypiques. La diversité microbienne, généralement associée à une bonne santé intestinale, apparaissait significativement réduite chez les enfants autistes et ceux atteints de TDAH.
Le ratio entre deux grandes familles de bactéries, les Bacteroidetes et les Firmicutes, était modifié chez tous les enfants concernés par un trouble. Ce même déséquilibre avait déjà été observé dans plusieurs maladies inflammatoires chroniques.
Desulfovibrio, Escherichia, Faecalibacterium: les bactéries au cœur des anomalies
Les chercheurs ont identifié plusieurs bactéries présentes en excès ou au contraire appauvries selon les troubles. Dans les groupes autistes et TDAH, les niveaux d’Escherichia étaient anormalement élevés. Ces bactéries cohabitent habituellement sans danger avec l’organisme, mais deviennent problématiques en cas de prolifération ou de migration hors de leur zone d’origine.

Une surreprésentation de Desulfovibrio — des bactéries capables de réduire le sulfate, souvent retrouvées dans des milieux pauvres en nutriments — a été constatée dans les groupes TDAH et anorexie. Les enfants anorexiques hébergeaient également davantage de Cyanobacteria et de Verrucomicrobiota.
À l’inverse, les Faecalibacterium, considérées comme des marqueurs de bonne santé intestinale en raison de leurs propriétés anti-inflammatoires, étaient moins abondantes chez ces enfants. Leur absence est déjà signalée dans des pathologies telles que les maladies inflammatoires de l’intestin, la dépression ou le cancer colorectal.
Les Bifidobacterium et les Actinobacteriota, qui jouent un rôle essentiel dans la fermentation des fibres, la régulation immunitaire et la production de vitamines, étaient particulièrement diminuées chez les enfants autistes.
L’axe intestin-cerveau, un champ de recherche en plein essor
Le lien entre microbiote intestinal et santé mentale fait l’objet d’un nombre croissant de travaux scientifiques depuis une dizaine d’années. L’intestin, parfois qualifié de « deuxième cerveau », communique avec le système nerveux central via le nerf vague et la production de neurotransmetteurs comme la sérotonine. Des déséquilibres de la flore intestinale ont déjà été associés à la dépression, aux maladies inflammatoires chroniques et à certains troubles du comportement.
L’anorexie, un trouble psychologique avec une empreinte intestinale spécifique
Le cas de l’anorexie mentale est particulièrement notable dans cette étude. Souvent perçue sous un prisme exclusivement psychologique, la pathologie révèle ici une signature intestinale distincte, avec une abondance inhabituelle de Desulfovibrio chez les jeunes filles concernées.
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