La nécessité de cet investissement s’explique par une demande qui dépasse actuellement les capacités de l’outil industriel. « Toutes les capacités de production sur tous les sites sont activées à 100 %. Et ce n’est pas suffisant pour satisfaire la demande », avait alerté Joël Gélin, directeur du site sarthois. L’usine produit déjà environ cinq millions de pièces chaque jour, sans parvenir à répondre à l’ensemble des commandes.
Une seconde ligne de production, initialement prévue aux États-Unis, est par ailleurs opérationnelle depuis novembre 2025. Représentant une capacité supplémentaire de plus de 10 000 tonnes, elle témoigne que le groupe Bel avait anticipé de longue date l’ampleur du virage qu’il vient d’officialiser.
Une marque qui se réinvente face aux nouveaux usages
L’abandon du Maxi s’inscrit dans une transformation plus large de la marque Babybel. Le groupe Bel s’est engagé à supprimer le cellophane de ses emballages d’ici 2027, une évolution significative pour une marque dont le packaging était resté quasiment inchangé depuis des décennies. L’objectif affiché est de réduire l’empreinte écologique des produits sans compromettre leur qualité.

Cette double ambition — recentrage sur le Mini et verdissement des emballages — dessine le profil d’un groupe qui cherche à moderniser une image parfois perçue comme figée. En concentrant ses ressources industrielles sur un seul format plébiscité à l’échelle mondiale, Bel se donne les moyens d’investir dans l’innovation et la durabilité sans disperser ses efforts.
La nostalgie, réelle, ne saurait suffire à freiner cette évolution. Le Babybel Maxi représentait un symbole de convivialité et de partage, associé aux repas de famille et aux plateaux de fin de repas. Mais le groupe Bel — dont les origines remontent à 1865 avec la fondation des Fromageries Bel par Jules Bel, modernisées dans les années 1920 par son fils Léon — a toujours su s’adapter aux transformations de son époque pour survivre et prospérer.
La disparition du Babybel Maxi 200g est révélatrice d’une mutation profonde des comportements alimentaires, en France comme à l’international. En misant tout sur le Mini, le groupe Bel ne fait pas que supprimer une référence : il réoriente l’ensemble de son appareil industriel vers les usages de demain. Avec 60 millions d’euros investis à Sablé-sur-Sarthe, cinquante emplois créés et des engagements environnementaux concrets à horizon 2027, la marque à la cire rouge entend bien traverser les prochaines décennies avec la même longévité que celle qui vient de s’achever.
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