
Pour construire son intrigue, Balasko a puisé dans ses lectures d’enfance : Jack London, James Oliver Curwood, Jules Verne, et « tous ces bouquins de la Bibliothèque verte » que lui faisait lire son frère, de dix-sept ans son aîné. « Ils mettaient en scène des trappeurs, des animaux sauvages, des chiens de traîneau. Il y avait des bagarres entre chercheurs d’or et j’adorais ça », se souvient-elle.
Ces lectures avaient aussi une fonction thérapeutique. Enfant, une angine mal soignée lui a causé des rhumatismes articulaires aigus qui l’ont contrainte à rester alitée, sous la surveillance de religieuses venues lui faire des piqûres à domicile. « Ça m’embêtait beaucoup ! » dit-elle. C’est dans cet immobilisme forcé qu’elle a commencé à s’inventer des histoires et à les dessiner sur des cahiers.
Un Molière reçu pour une pièce sur les violences conjugales jouée avec sa fille
Josiane Balasko vient de recevoir un Molière pour Ça, c’est l’amour, une pièce sur les violences conjugales qu’elle a jouée aux côtés de sa fille. L’expérience l’a profondément marquée par les retours du public féminin. « Vous n’imaginez pas le nombre de spectatrices qui sont venues me voir à la fin des représentations. Elles avaient vécu cette situation et venaient nous dire que ça faisait du bien de la voir représentée. »

Pour Balasko, ce phénomène illustre une forme de transmission propre aux femmes. « Je pense que les femmes peuvent transmettre aux autres femmes des messages que les hommes ne transmettront pas », dit-elle, précisant croire à « cette forme de solidarité » — pas de façon, selon ses mots, « gnan-gnan ».
L’engagement de la comédienne pour des sujets longtemps invisibilisés est ancien. Elle rappelle qu’au moment d’écrire Gazon maudit, « on parlait des hommes gays mais jamais des lesbiennes ». Pour Cliente, un film sur des femmes qui paient des call boys, il lui a fallu d’abord publier un livre qui s’est vendu à 100 000 exemplaires avant qu’on lui accorde sa confiance. « J’ai mis cinq ans pour monter le film. Si j’avais été Almodóvar ou Blier, ce serait allé beaucoup plus vite ! »
Coline Berry à l’Assemblée nationale : Balasko appelle à supprimer la prescription pour les crimes sur mineurs
Josiane Balasko soutient publiquement sa nièce Coline Berry, fille de Richard Berry et Catherine Hiegel, qui accuse son père d’inceste. « C’était important pour elle que je la soutienne, et c’était important pour moi de la soutenir parce que je la crois », déclare-t-elle.

Elle mesure le poids de cette démarche pour sa nièce. « C’est vraiment quelque chose de très très violent que d’annoncer au monde « j’ai été abusée par mon propre père », lorsqu’on a 40 ans et qu’on a fait une partie de sa vie. » Balasko souligne que Coline Berry « s’est encore exposée à l’Assemblée nationale pour pouvoir demander une loi qui annule la prescription des faits quand on abuse ou quand on viole un enfant ».
La comédienne pointe la difficulté structurelle pour les victimes : « C’est difficile de se révéler victime aux yeux du monde parce que les gens ne vous croient pas, et même si on vous croit, ce n’est pas sûr que ceux qui vous ont fait du mal en payent le prix. » Elle dit trouver le travail de sa nièce « formidable ».
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