
Elle mesure le poids de cette démarche pour sa nièce. « C’est vraiment quelque chose de très très violent que d’annoncer au monde « j’ai été abusée par mon propre père », lorsqu’on a 40 ans et qu’on a fait une partie de sa vie. » Balasko souligne que Coline Berry « s’est encore exposée à l’Assemblée nationale pour pouvoir demander une loi qui annule la prescription des faits quand on abuse ou quand on viole un enfant ».
La comédienne pointe la difficulté structurelle pour les victimes : « C’est difficile de se révéler victime aux yeux du monde parce que les gens ne vous croient pas, et même si on vous croit, ce n’est pas sûr que ceux qui vous ont fait du mal en payent le prix. » Elle dit trouver le travail de sa nièce « formidable ».
Sur l’affaire Gisèle Pélicot, Balasko cite le livre Pour que la honte change de camp d’Anna Margueritat (éditions La Meute) parmi ses lectures récentes les plus marquantes. « L’autrice a assisté au procès. C’est une spectatrice qui décrit le comportement de tous les gens qui sont accusés, et celui de ceux qui y assistent. Or personne ne prononce le mot viol, ou violeur. Même les jurés ou les juges ont du mal à le faire. C’est édifiant. » Interrogée sur la possibilité d’incarner Gisèle Pélicot dans une fiction, elle répond sans hésiter : « Je ne crois pas que j’en serais capable. C’est trop lourd. »
Coline Berry et la prescription pénale
Coline Berry, fille de l’acteur Richard Berry et de la comédienne Catherine Hiegel, a publiquement accusé son père d’inceste. Elle s’est exprimée à l’Assemblée nationale pour demander une réforme de la prescription pénale applicable aux crimes sexuels commis sur des mineurs. En France, le délai de prescription pour ce type de faits court actuellement à partir de la majorité de la victime.
« Je tiens la place » : écrire, vieillir et garder la santé après la mort de Michel Blanc
Josiane Balasko ne cache pas que la mort de Michel Blanc lui manque « terriblement ». C’est dans ce contexte qu’elle formule ce qui ressemble à son prochain engagement personnel : « Le nouveau combat que je veux mener, c’est de rester en bonne santé pour pouvoir bosser ! Bon, Michel est parti, mais je tiens la place ! »

L’écriture reste son ancre. « L’écriture m’apaise », confie-t-elle, ajoutant qu’elle aimerait avoir « la sagesse de la vieille Indienne » qu’elle décrit dans son roman, et « sa résilience ». Elle dit vouloir s’extraire d’un monde qu’elle juge « de plus en plus anxiogène, où on fait la part trop belle aux mauvaises nouvelles ».
Dans sa vie personnelle, elle apprécie les traditions de la communauté amérindienne de son mari, l’acteur George Aguilar : « Il y a une grande solidarité, un sens de l’humour et un vrai sens de l’hospitalité qui perdurent. » Elle lit des histoires à son petit-fils de 7 ans et projette de regarder Harry Potter avec lui prochainement.
Sa vision du café de ses parents, situé entre la gare du Nord et la gare de l’Est à Paris, résume peut-être toute sa trajectoire d’autrice. « Un bistrot, c’est une scène de théâtre où tout le monde passe, dès le matin, pour boire son café ou son calva. Une galerie de personnages, surtout à l’époque. Maintenant un peu moins, c’est devenu plus branché ! »

