
Parmi eux figurent certains des noms les plus prestigieux de la littérature française : Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Bernard-Henri Lévy, Frédéric Beigbeder, Vanessa Springora. Leur lettre dénonce un licenciement jugé « inacceptable » et constitutif d’une « atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et à la liberté de création ».
Les réactions institutionnelles ne tardent pas. Antoine Gallimard salue la démarche des signataires : « Notre solidarité avec Olivier Nora et ses auteurs doit être totale. Leur résistance est un acte de courage. » Le Syndicat de la librairie française est plus direct encore, évoquant « une étape supplémentaire, grave et sans doute décisive, dans la mise au pas du groupe Hachette par son actionnaire ».
Le romancier Gaspard Koenig résume le sentiment général : « Une telle indignation collective, très rare chez les écrivains, montre bien le choc face au mépris d’un actionnaire qui remplace un éditeur respecté par un gestionnaire politiquement orienté. »
La tribune du JDD : Bolloré sort du silence dans son propre journal
Le 19 avril 2026, Vincent Bolloré prend la parole. Mais pas dans n’importe quel support : c’est dans le Journal du Dimanche, dont il est l’actionnaire via le groupe Lagardère, qu’il publie une tribune pour répondre à la crise.

Sur le fond, le milliardaire breton s’étonne du « vacarme » suscité par le départ d’Olivier Nora, dénonçant ce qu’il perçoit comme « une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous et qui se coopte et se soutient ». Il affirme n’avoir « aucune fonction chez Hachette », et assure que Grasset « continuera » avec « de nouveaux auteurs » — une promesse qui résonne pour beaucoup comme une provocation supplémentaire.
Sur la forme, la mise en scène n’échappe à personne. Patrick Cohen relèvera que la photographie de Bolloré, « façon Staline à la Une de L’Humanité », occupe à elle seule les deux tiers de la page — soit le double de l’espace réservé à Nathalie Baye, actrice décédée le même jour et reléguée en page 39. Un contraste qui illustre, selon lui, qui est véritablement « ici chez lui, dans son empire ».
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