Face aux salles désespérément vides et au manque cruel de visibilité, Booder invente ses propres stratégies. Direction les parkings des Champs-Élysées, cinquante flyers imprimés sous le bras, qu’il glisse méticuleusement sur les pare-brises des voitures de luxe. Dans son esprit, un producteur influent finira forcément par tomber dessus. L’audace compense le budget zéro. Entre débrouillardise et détermination, le jeune comédien refuse l’idée même de l’échec.

La Rencontre Qui Change Tout : Mathieu Kassovitz Et L’Emballement
Les débuts du spectacle solo Momo en solo contredisent brutalement l’optimisme affiché. Un soir, huit spectateurs seulement occupent la salle. « Dans les huit, il y en a six qui sont venus parce qu’il faisait chaud dehors, et les deux autres étaient des cousins », raconte Booder avec l’autodérision qui le caractérise. L’abandon devient une option crédible.
Pourtant, une soirée organisée par son ami Rachidali à l’Espace Jemmapes redistribue les cartes. Parmi les invités figure Mathieu Kassovitz, alors figure majeure du cinéma français. À l’issue du spectacle, le réalisateur s’approche du comédien et prononce une phrase qui résonne comme une prophétie : « Tu as du talent. Si ça marche, on rigole. Si ça ne marche pas, on rigole ». Cette validation suffit à déclencher la machine.
Les événements s’accélèrent alors à une vitesse vertigineuse. Premières parties, passages télévisés, articles de presse : tout s’emballe en moins d’un an. Le cinéma lui ouvre ses portes avec Neuilly sa mère !, succès public qui propulse définitivement son nom sur le devant de la scène. De la salle vide aux plateaux télévisés, le basculement s’opère en quelques mois. Mais cette ascension fulgurante porte déjà en elle les germes d’une redescente aussi brutale qu’inattendue.

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