Un thérapeute qui retournait son savoir contre elle
Sans révéler l’identité de l’homme, Laurence Boccolini le décrit avec des mots mesurés mais dévastateurs : « J’ai été mariée à un homme très violent psychologiquement. Très jaloux de ma réussite, très profiteur, très malin et thérapeute. » Cette dernière précision n’est pas anodine.

Parce qu’il était thérapeute de profession, son ex-mari disposait d’une connaissance fine des mécanismes psychologiques — qu’il a retournés contre elle. La technique la plus destructrice : l’inversion de la responsabilité. Il lui faisait croire qu’elle était à l’origine de ses propres violences : « Tu te dis que tu as fait quelque chose, parce que l’autre est tellement malin ! C’est de la manipulation car il dit : ‘Regarde dans quel état tu m’as mis pour que j’en arrive à ça’. »
Cette forme d’abus, souvent désignée par le terme de gaslighting, consiste à faire douter la victime de sa propre perception de la réalité. Elle est d’autant plus redoutable lorsqu’elle est pratiquée par quelqu’un qui en maîtrise les ressorts théoriques, et sait précisément où cibler les fragilités de l’autre.
Des années sous emprise : « Ça m’a détruite entièrement »
Laurence Boccolini ne minimise pas l’impact de ces années sous emprise : « Ça m’a détruite entièrement. J’ai mis des années à me remettre debout. » Une reconstruction longue, invisible de l’extérieur, qui illustre la spécificité des violences psychologiques : elles ne laissent pas de traces apparentes, mais leurs cicatrices sont profondes.

Car les violences n’étaient pas uniquement psychologiques. L’animatrice évoque aussi des gifles subies, et décrit avec précision la confusion qui s’en suit : « Ton cerveau, la première fois où tu prends une gifle, il ne fait pas la connexion » entre la douleur, la stupeur, et la personne qui prétend pourtant vous aimer. Cette dissociation est un mécanisme bien documenté chez les victimes de violences conjugales.
L’homme se montrait par ailleurs violent envers ses propres enfants, nés de relations précédentes — un élément supplémentaire qui illustre la dangerosité du personnage, bien au-delà du seul cadre conjugal.
Violences psychologiques : une réalité longtemps niée
Les violences psychologiques au sein du couple sont longtemps restées dans l’angle mort du droit et de la société. Contrairement aux violences physiques, elles ne laissent pas de traces visibles, ce qui rend la parole des victimes difficile à entendre — et la sortie de l’emprise d’autant plus longue. Des professionnels de la santé ou de la relation d’aide peuvent eux aussi être auteurs de tels agissements, leur expertise leur permettant de mieux cibler les fragilités de leur victime.
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