
À l’arrivée des secours, les constatations médicales sont accablantes : l’enfant souffrait de malnutrition sévère et ne pesait plus que 23 kg, un poids normalement associé à un enfant de six ans. La cause officielle du décès retenue par la justice est un arrêt cardiaque provoqué par une malnutrition grave ou une hypothermie, conséquence directe d’une privation de nourriture sur une longue période.
Son petit frère, lui, a survécu. Tous deux avaient été adoptés quelques années plus tôt par ce couple résidant dans la province de l’Ontario.
Des sévices d’une rare violence au quotidien
Selon la procureure, les deux garçons étaient soumis à un régime de violences systématiques. Ils devaient porter des combinaisons de plongée fermées par des liens au niveau des chevilles, un dispositif qualifié de technique de torture par l’accusation, qui leur interdisait l’accès aux toilettes et a causé des blessures durables au cadet.

La nuit, une tente installée sur leur lit était fermée de l’extérieur, les empêchant de se déplacer librement jusqu’au matin. Le plus jeune des deux enfants a confié qu’il n’aimait pas ces combinaisons, parce qu’elles étaient inconfortables, et qu’on lui interdisait de voir son frère.
La procureure a rapporté une déclaration particulièrement glaçante du cadet : « Il était terrifié à l’idée de rentrer chez lui, parce que l’école était plus sécuritaire que sa maison. » Des vidéos produites au procès montrent par ailleurs que les deux enfants avaient constamment faim.
L’adoption au Canada : un suivi encadré mais perfectible
Au Canada, les enfants placés en famille d’adoption font l’objet d’un suivi par les Sociétés d’aide à l’enfance, organismes provinciaux chargés de veiller à leur bien-être. Dans la province de l’Ontario, ces structures disposent de prérogatives de visite à domicile, mais leur efficacité dépend en grande partie de la coopération des familles d’accueil. Cette affaire illustre les risques liés à l’absence de contrôles inopinés systématiques.
Des messages glaçants et une justice trompée
Au cours du procès, des échanges de messages entre les deux épouses ont été versés au dossier. Ils démontrent, selon l’accusation, que Brandy Cooney et Becky Hamber éprouvaient de la haine envers les enfants qu’elles avaient adoptés et refusaient délibérément de leur porter secours.

Ces éléments viennent renforcer la thèse du meurtre prémédité retenue par la justice canadienne, qui souligne le caractère intentionnel et prolongé des privations infligées aux deux garçons.
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