Depuis lors, la base de données cliniques n’a cessé de s’étoffer. Alpha Tau présentera lors du congrès ASCO 2026, prévu fin mai, des données combinées portant sur 58 patients issus de trois études prospectives menées au Canada et en Israël. « Ce qui a commencé comme une première procédure de faisabilité chez l’humain est devenu un solide ensemble de données cliniques », a déclaré le Dr Miller. Les résultats complets seront simultanément publiés dans le Journal of Clinical Oncology.
Un cancer qui résiste encore à presque tous les traitements
Pour mesurer l’importance de cette avancée, il faut considérer la brutalité du cancer du pancréas. En France, il représente 16 000 nouveaux cas par an et se distingue par un pronostic parmi les plus sombres de l’oncologie moderne. En Europe, environ 140 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, dont quelque 42 000 patients présentent d’emblée une forme localement avancée et non opérable.

Au moment du diagnostic, seuls 10 à 20 % des tumeurs sont accessibles à la chirurgie. Et même lorsqu’une opération est possible, plus de 80 % des patients rechutent. Ce cancer est favorisé par plusieurs facteurs liés au mode de vie occidental : surpoids, diabète, tabagisme et sédentarité. Faute de symptômes précoces caractéristiques, il est presque toujours découvert à un stade avancé.
Pour les malades atteints d’une forme localement avancée — ceux que vise précisément l’essai ACAPELLA —, il n’existe aujourd’hui aucune thérapie de consolidation standard après la chimiothérapie initiale. C’est précisément ce vide thérapeutique que l’Alpha DaRT cherche à combler. Les projections épidémiologiques sont préoccupantes : ce cancer pourrait devenir la deuxième cause de mortalité par cancer en France dans les prochaines années.
La première européenne réalisée au CHU Grenoble Alpes ouvre une perspective concrète pour des milliers de patients qui, jusqu’ici, se trouvaient dans une impasse thérapeutique. L’essai ACAPELLA entre désormais dans sa phase active : les résultats sur la sécurité et l’efficacité de l’Alpha DaRT seront mesurés à deux, quatre et six mois après chaque implantation. Si les données françaises confirment ce qu’ont montré les travaux canadiens et israéliens, cette technique pourrait modifier en profondeur la prise en charge du cancer du pancréas en Europe — et redonner une chance chirurgicale à des patients qui en étaient privés.
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