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17 août 2026
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Cancer du pancréas : une première européenne à Grenoble avec 224 bâtonnets radioactifs implantés dans la tumeur

Un cancer difficile à détecter tôt

Le cancer du pancréas est souvent diagnostiqué à un stade avancé car il provoque peu de symptômes dans ses premières phases. Situé profondément dans l’abdomen, le pancréas n’est pas accessible à l’examen clinique courant, et il n’existe à ce jour aucun test de dépistage systématique validé pour la population générale. Cette détection tardive explique en grande partie pourquoi si peu de tumeurs sont opérables au moment du diagnostic.

L’essai ACAPELLA et les résultats canadiens : ce que la science valide déjà

Cette première européenne n’est pas un geste isolé : elle marque l’ouverture de l’essai clinique multicentrique français ACAPELLA, coordonné par le Pr Gaël Roth. L’étude prévoit d’inclure 40 patients présentant un adénocarcinome pancréatique localement avancé, inopérable, après une première ligne de chimiothérapie. Chaque participant sera suivi pendant un an. Les critères principaux évaluent la sécurité de la procédure, mais aussi la réduction tumorale, la possibilité d’une chirurgie secondaire et la qualité de vie.

L'essai ACAPELLA et les résultats canadiens : ce que la science valide déjà
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Le traitement Alpha DaRT y est administré en combinaison avec la capécitabine, un médicament de chimiothérapie orale, afin de potentialiser l’effet local des émetteurs radioactifs. Ce choix s’appuie sur les enseignements d’une étude canadienne conduite entre 2023 et 2024 sur 32 patients, première du genre à tester la technique sur des tumeurs pancréatiques humaines.

Les résultats de cette étude précédente sont encourageants : un taux de réponse objective de 22 % et un taux de contrôle de la maladie de 81 % ont été observés sur l’ensemble des patients. Sur le plan de la tolérance, deux cas d’effets indésirables graves seulement ont été rapportés, tous deux résolus sans séquelles. « Globalement, le profil de tolérance est apparu rassurant », confirme Corey Miller, endoscopiste à l’université McGill, qui a piloté cette phase canadienne.

Alpha Tau Medical a annoncé que les données combinées de trois études distinctes sur l’Alpha DaRT appliqué au cancer du pancréas seront présentées lors du congrès annuel de l’ASCO 2026, la plus grande conférence mondiale en oncologie. Cette présentation sera déterminante pour évaluer la robustesse des résultats et envisager une extension des essais à d’autres centres européens.

81 %
C’est le taux de contrôle de la maladie observé dans l’étude canadienne portant sur 32 patients traités par Alpha DaRT pour un cancer du pancréas localement avancé.

La première européenne réalisée à Grenoble ne constitue pas, à elle seule, une révolution thérapeutique : un seul patient traité ne permet pas de tirer de conclusions définitives, et les résultats de l’essai ACAPELLA ne seront connus qu’au terme d’un an de suivi pour chaque participant. Mais la convergence de plusieurs signaux positifs — la faisabilité de la procédure, le profil de tolérance rassurant issu de l’étude canadienne, et l’intérêt croissant de la communauté oncologique internationale — légitime l’espoir. Pour des patients qui se heurtent aujourd’hui à une impasse thérapeutique, la perspective de réduire une tumeur jugée inextirpable, fût-ce pour préparer une chirurgie ou simplement gagner du temps de vie en bonne santé, représente une avancée concrète. Les résultats attendus à l’ASCO 2026 diront si l’Alpha DaRT peut s’imposer comme un nouvel outil dans l’arsenal contre le cancer du pancréas.

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