
La deuxième variante est sans doute la plus spectaculaire : le penny de 1943 frappé en cuivre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le cuivre étant réservé à l’effort de guerre, la Monnaie américaine bascule sur l’acier zingué pour ses cents. Mais quelques dizaines de flans en cuivre datant de 1942 ont accidentellement été engagés dans les presses en 1943. Résultat : une vingtaine à une trentaine d’exemplaires en cuivre ont été frappés à travers les ateliers de Philadelphie, Denver et San Francisco — constituant aujourd’hui de véritables reliques historiques.
La troisième variante à connaître est le 1955 Doubled Die. Sur ces exemplaires, la matrice de frappe a été alignée deux fois avec un léger décalage, provoquant un doublement net et visible à l’œil nu de la date et des inscriptions. Cette anomalie, non détectée avant mise en circulation, en fait une pièce hautement recherchée, dont la valeur peut osciller entre 1 000 et 125 000 dollars selon l’état de conservation.
Comment identifier un exemplaire potentiellement précieux
La première étape est de vérifier l’année de frappe et la lettre d’atelier gravée sous la date. Un « S » indique l’atelier de San Francisco, un « D » celui de Denver — deux sites dont les tirages étaient souvent plus limités. Les millésimes à surveiller en priorité sont le 1909-S, le 1914-D, le 1943 et le 1955.

Pour le penny de 1943, un test simple permet de distinguer l’acier du cuivre en quelques secondes : approcher un aimant de la pièce. Si elle n’est pas attirée, elle n’est pas en acier — et pourrait donc être l’un des rares exemplaires en cuivre. Ce test constitue un premier filtre utile, mais pas une certification : certaines pièces non magnétiques ne sont que des contrefaçons ou des exemplaires plaqués, ce qui justifie une expertise ultérieure.
Pour les autres variantes, un examen à la loupe suffit souvent pour repérer un doublement des inscriptions (cas du 1955) ou une anomalie dans le métal. L’état de conservation joue également un rôle déterminant dans la valorisation : une pièce présentant sa patine naturelle intacte, sans traces de nettoyage ni de manipulation excessive, sera systématiquement mieux cotée qu’un exemplaire brillant mais traité chimiquement.
Que faire si vous pensez en détenir un : les bons réflexes
La première règle, absolue en numismatique, est de ne jamais nettoyer la pièce. Même une légère tentative de polissage ou de nettoyage à l’eau savonneuse peut suffire à rayer la surface, altérer la patine naturelle et faire chuter la valeur de manière drastique. La bonne pratique est de la manipuler par les bords, idéalement avec des gants en coton, et de la placer dans une capsule de protection hermétique.
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