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30 juin 2026

Chikirou au tribunal : tentative d’escroquerie, timing politique et F2 dans le 20e

Les peines encourues restent limitées : une amende maximale de 50 000 euros, sans inéligibilité et sans peine d’emprisonnement requise. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 8 juin 2026.

Le Média, une aventure militante vite engloutie par les tensions

Le Média a été fondé à l’automne 2017 dans la foulée de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, avec l’ambition de créer un outil d’information indépendant financé par abonnements citoyens. Sophia Chikirou, ancienne directrice de communication du candidat, en fut l’une des figures fondatrices. Dès les premiers mois, la structure a été traversée par de profondes crises internes : audiences stagnantes, finances dégradées, accusations de management brutal visant Chikirou. Son départ à l’été 2018 s’est accompagné d’un climat de défiance généralisé au sein de la rédaction. Cette procédure judiciaire en est, huit ans plus tard, l’un des derniers échos judiciaires.

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«Un procès éminemment politique» : Chikirou dénonce le timing

À l’audience, Sophia Chikirou n’a pas seulement défendu sa cause juridique — elle a attaqué frontalement la procédure elle-même. Interpellant directement la procureure, elle a dénoncé un procès «décidé par le ministère public» pour «salir» sa campagne, s’interrogeant sur les raisons qui auraient conduit à rouvrir un dossier vieux de huit ans précisément à l’approche des élections municipales parisiennes.

«Un procès éminemment politique» : Chikirou dénonce le timing
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Elle a qualifié l’affaire d’«éminemment politique» et évoqué «huit années de harcèlement judiciaire et médiatique». Dans une déclaration transmise à l’AFP, elle assurait qu’il n’existe «ni victime, ni préjudice, ni réalité frauduleuse établie». Cette posture — ériger la justice en instrument partisan — s’inscrit dans la ligne de La France insoumise, qui cultive une méfiance affichée envers l’appareil judiciaire.

Le calendrier nourrit objectivement l’argument qu’elle avance : l’audience intervient alors qu’elle se positionne comme candidate potentielle aux prochaines municipales parisiennes. Le parquet, lui, souligne que la procédure a suivi son cours normal, le rapport de la brigade financière ayant été déposé dès le 15 septembre 2023.

Entre mise en scène médiatique et fractures dans son propre camp

En marge du prétoire, Sophia Chikirou mène depuis plusieurs mois une campagne d’image destinée à contrecarrer les accusations d’enrichissement. Dans un entretien accordé au magazine Elle, elle a choisi de décrire son quotidien : «Je vis dans un F2 de 50 mètres carrés dans le 20e arrondissement, que je loue dans le privé», précisant s’occuper de son «père de 77 ans en alternance avec ses frères et sœurs». «Voilà ma vie !», a-t-elle conclu.

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Entre mise en scène médiatique et fractures dans son propre camp
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Elle a également balayé les accusations portant sur sa société de conseil : «On m’accuse d’avoir surfacturé, puis d’une machine à café, d’un micro-ondes… C’est absurde». Cette stratégie de normalisation vise à déconstruire l’image d’une élue ayant prospéré via les structures militantes, image qui colle à son nom depuis la campagne de 2017.

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