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16 août 2026
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Cloches silencieuses après 177 ans : un village anglais se révolte

Le conseil a émis un arrêté d’abattement sonore, ordonnant à l’église de cesser toute sonnerie entre 23 heures et 7 heures du matin. Danielle Durrans, membre du cabinet municipal, a justifié la décision en évoquant « l’impact substantiel et déraisonnable sur la qualité de vie » des plaignants, précisant que des situations similaires se posent dans de nombreuses communes britanniques.

Comment fonctionne un arrêté d’abattement sonore ?

En Grande-Bretagne, les conseils municipaux disposent du pouvoir d’émettre des arrêtés d’abattement sonore dès lors qu’une nuisance est jugée substantielle et déraisonnable. Le mécanisme ne requiert pas l’unanimité des riverains : quelques plaintes circonstanciées suffisent à déclencher une procédure. C’est précisément ce cadre légal qui a permis au conseil de Calderdale d’imposer sa décision à l’église Saint-Michel, en dépit de l’opposition manifeste de la majorité des habitants.

Un mécanisme centenaire impossible à dompter

La décision du conseil imposait une restriction nocturne. La réalité du terrain l’a transformée en arrêt total. Le mécanisme des cloches de Saint-Michel est d’époque : entièrement mécanique, il ne dispose d’aucune possibilité de programmation horaire. Il ne peut être qu’activé en totalité ou coupé manuellement.

Un mécanisme centenaire impossible à dompter
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Roy Wrathall, sacristain de l’église depuis neuf ans, a résumé l’impasse avec sobriété : « Nous sommes là pour le bien de tous. Nous faisons ce que dit la loi. La seule façon de respecter cette règle entre 23 heures et 7 heures du matin est d’arrêter complètement les carillons. L’horloge continue de tourner, mais les cloches sont muettes. »

Une solution technique existe pourtant : un mécanisme automatisé et programmable permettrait de restreindre les sonneries aux seules heures autorisées. Son installation représente un coût de 2 500 livres sterling, soit environ 3 000 euros — une somme que l’église n’est pas en mesure de mobiliser immédiatement. En attendant un financement, le silence s’est imposé par défaut.

La communauté se mobilise : plus de 1 000 signatures

La décision a suscité une vive réaction parmi les habitants, d’autant qu’aucune consultation ne l’avait précédée. Une pétition en ligne a rapidement circulé, réclamant le rétablissement des sonneries. Elle a recueilli plus de 1 000 signatures, signe de l’attachement de la population à ce son familier.

La communauté se mobilise : plus de 1 000 signatures
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Les signataires qualifient les cloches d’« héritage à protéger pour les générations futures » et refusent qu’une poignée de plaintes prime sur un siècle et demi de tradition collective. « Je trouve ridicule que 177 ans de sonneries soient réduits au silence par quelques plaignants », résume l’un d’eux. Un autre, sur un ton plus humoristique, confie s’inquiéter pour les enfants qui risquent de « mourir de faim faute de dîner » — les cloches servant autrefois de signal informel pour rentrer à la maison.

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