
Pour les services israéliens, l’objectif était précis. Il s’agissait, selon le journal américain, de «connaître ses mouvements, son style de vie, avec qui celui-ci se déplaçait, la fréquence de ses déplacements et de ses réunions». Ces données, accumulées sur la durée, ont permis de reconstituer l’organisation exacte de ses journées et chacun de ses itinéraires habituels.
Ce niveau de détail transformait une caméra de gestion du trafic en outil de ciblage opérationnel. La frontière entre infrastructure civile et dispositif militaire s’est ainsi effacée, à l’insu des autorités iraniennes chargées de protéger leur plus haute personnalité.
Le 28 février, une réunion jugée ‘exceptionnelle’ pour déclencher la frappe
C’est un renseignement de dernière minute qui a déclenché l’opération. Selon le Financial Times, le samedi 28 février, les services américains et israéliens apprennent qu’une réunion doit se tenir au domicile même du guide suprême. L’occasion est immédiatement qualifiée d’«exceptionnelle» pour frapper avec précision.

Des années de surveillance continue avaient rendu ce moment possible. La connaissance des itinéraires, des horaires, des habitudes et des cercles proches du guide suprême permettait aux planificateurs israéliens d’agir avec une précision que seule une surveillance prolongée pouvait garantir.
La frappe a ainsi pu être conduite non pas sur la base d’une information isolée, mais en s’appuyant sur un corpus de renseignements accumulé méthodiquement. La caméra rue Pasteur fournissait en temps réel la confirmation visuelle nécessaire pour valider les conditions de l’attaque.
Une priorité fixée dès 2001: faire de l’Iran la cible absolue du Mossad
L’opération du 28 février n’est pas le fruit d’une décision improvisée. D’après les informations relayées par Le Parisien, c’est dès 2001 que le Premier ministre israélien Ariel Sharon avait demandé au chef du Mossad de faire de l’Iran sa «priorité absolue». Vingt-cinq ans de travail de renseignement séparent cette instruction de la frappe finale.

