
Le ministre a également souligné une particularité du système éducatif français : les élèves y cumulent plus d’heures de cours par journée que dans les pays voisins, compensées par davantage de semaines de vacances dans l’année. Un déséquilibre qui pèse, selon lui, sur la qualité des apprentissages.
Pour autant, Geffray a pris soin de cadrer ses propos : aucune modification n’est envisagée à la rentrée 2026. Il positionne ce chantier comme « un sujet de présidentielle 2027 », renvoyant la décision à un calendrier politique plus lointain. En attendant, il dit promouvoir une approche territoriale, reconnaissant que la réforme n’est « pas toujours possible » selon les contraintes locales, notamment de transport scolaire.
Une exception française
La France se distingue de ses voisins européens par un volume horaire journalier élevé, compensé par un plus grand nombre de semaines de vacances dans l’année. Ce modèle, hérité de décennies d’organisation centralisée, n’a pas été réformé en profondeur depuis les débats sur la semaine de quatre jours et demi à l’école primaire. Le débat sur les rythmes du second degré, lui, n’a jamais abouti à une réforme nationale.
Ce que la chronobiologie dit depuis des années
La position du ministre ne sort pas du néant : elle s’appuie sur un corpus scientifique solide. Dès la puberté, à partir de 10 ans environ, l’horloge biologique des adolescents se décale naturellement de deux à trois heures. Conséquence directe : il leur est physiologiquement difficile de s’endormir avant 23h, alors qu’ils ont encore besoin de 9 à 10 heures de sommeil par nuit pour un développement et une récupération optimaux.

Or, la grande majorité des collèges et lycées français ouvrent leurs portes entre 8h et 8h15. L’écart entre ce que le corps réclame et ce que l’institution impose est ainsi structurel. Les chercheurs en chronobiologie l’ont mesuré : entre 8h et 9h du matin, la vigilance des adolescents est encore significativement diminuée, et leurs capacités cognitives — mémorisation, concentration, résolution de problèmes — n’ont pas encore atteint leur plein régime.
Le ministre lui-même s’est appuyé sur cet argument, rappelant qu’« on n’a aucun doute sur le fait qu’un élève apprend mieux le matin » — à condition que ce matin commence à la bonne heure pour son organisme.
La Convention citoyenne avait déjà balisé le terrain
La proposition de Geffray ne constitue pas une rupture, mais l’écho d’un travail collectif mené en amont. En novembre 2025, la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant — réunie sous l’égide du Conseil économique, social et environnemental — avait rendu ses recommandations après sept sessions de travail et l’audition de plus de 80 experts.

Son diagnostic était sévère : les temps de vie des enfants sont trop fragmentés, construits autour des contraintes des adultes plutôt qu’autour des besoins physiques, psychologiques et cognitifs des jeunes. Pour y remédier, la Convention préconisait notamment un retour à cinq jours d’école pleins par semaine, avec un début des cours fixé à 9h et une pause méridienne allongée à une heure trente.
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