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25 août 2026
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Course à la Lune : comment les États-Unis et la Chine se préparent à contrôler l’espace cislunaire avant 2030

En mai 2024, Chang’e-6 franchit une nouvelle étape. L’atterrisseur se pose dans le bassin Pôle Sud-Aitken, sur la face cachée de la Lune. Un territoire invisible depuis la Terre, hors de portée des systèmes de surveillance occidentaux. La même année, Pékin lance plusieurs satellites en orbites cislunaires pour tester des capacités de communication et de navigation, selon Aviation Week. Pendant ce temps, la Space Force américaine n’a ni capteurs, ni doctrine, ni effectifs pour surveiller cet espace.

La vision stratégique chinoise est claire. Selon RealClearDefense, Pékin considère les points de Lagrange, les orbites de transfert lunaire et la surface lunaire comme des « points stratégiques clés ». Mais aussi comme des « voies stratégiques » depuis lesquels elle pourrait exercer une influence sur l’ensemble du système Terre-Lune. L’objectif : un alunissage habité avant 2030.

Cette approche méthodique inquiète. Car derrière chaque mission scientifique se dessine une stratégie d’installation progressive. Et Washington craint qu’il ne soit bientôt trop tard pour rattraper ce retard. Ce que redoute vraiment le Pentagone dépasse la simple course technologique.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

La Stratégie De « Lawfare » Chinoise Qui Effraie Washington

Ce que redoute le Pentagone ne relève pas du fantasme géopolitique. Une analyse publiée dans le Leiden Journal of International Law en 2025 détaille précisément le scénario cauchemar américain : la Chine pourrait recourir à des tactiques de « lawfare » — guerre juridique — pour justifier des zones d’exclusion, modifier les normes du droit international coutumier et établir ses propres règles de comportement dans l’espace cislunaire.

Concrètement, Pékin pourrait proclamer une Zone économique exclusive et une Zone d’identification de défense spatiale. Puis monopoliser les ressources lunaires et placer ses forces en position dominante au sommet des puits de gravité du système Terre-Lune. Ce qui rendrait toute réponse américaine prohibitivement coûteuse. Le rapport du Mitchell Institute cité par Breaking Defense résume l’enjeu par une comparaison saisissante : la Lune est « la première île au large des côtes de la Terre ». Une référence directe à la manière dont Pékin perçoit Taiwan.

Dean Cheng, chercheur au Potomac Institute for Policy Studies, se montre direct dans Air and Space Forces Magazine : « La gouvernance spatiale, c’est aller sur la Lune de manière constante, jusqu’au point où la Chine établira les règles ». Michael Gold, ancien administrateur associé de la NASA, a témoigné devant le Sénat américain en septembre 2025 : « Le pays qui atteindra la surface en premier écrira les règles du jeu pour ce que nous pourrons faire sur la Lune ».

Artemis II décolle donc dans ce contexte précis. Non pas pour planter un drapeau, mais pour signaler que les États-Unis sont dans la course. Reste à savoir avec quels moyens concrets Washington entend surveiller ce territoire.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

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