Suivez-nous
11 septembre 2026
Derniers articles

Croissants au beurre vs ordinaires : pourquoi la croyance du « moins gras » est totalement fausse

La fréquentation confirme cet attachement : 42% des Français poussent la porte de leur boulangerie au moins tous les deux jours. Cette assiduité s’inscrit dans une tradition culturelle où pain et viennoiseries constituent des piliers intangibles de la gastronomie nationale. Chaque visite matinale devient un rituel, un moment d’échange qui dépasse la simple transaction.

Pourtant, ce lien privilégié se fragilise. Les grandes surfaces grignotent progressivement les parts de marché, menaçant la survie de nombreux artisans. Dans ce contexte de concurrence accrue, les boulangers traditionnels défendent leur différence à travers la qualité de leurs produits et le respect du savoir-faire ancestral.

C’est précisément cette exigence de qualité qui rend certaines questions si sensibles. Quand un client demande un croissant « ordinaire », il touche involontairement à la fierté professionnelle de l’artisan qui refuse les compromis industriels. Mais que cache réellement cette distinction entre croissant au beurre et croissant « ordinaire » ?

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

Beurre Vs Margarine : La Vérité Sur La Composition

La distinction tant décriée par les artisans repose sur une différence technique précise. Contrairement à l’idée reçue d’un croissant « ordinaire » moins gras, les deux versions affichent une teneur identique en matière grasse : entre 80 et 84%. La vraie divergence se situe dans la nature même de ces matières grasses.

Le beurre incarne la simplicité : extraite de la matière grasse du lait de vache, cette substance est utilisée en boulangerie depuis près de 6500 ans. Un ingrédient unique, noble, dont la traçabilité ne pose aucune question. À l’inverse, la margarine présente une composition nettement plus opaque, variant considérablement selon les produits.

Les margarines courantes combinent généralement plusieurs huiles d’origines végétales : colza, maïs, arachide, soja, tournesol, palme. Mais la liste ne s’arrête pas là. Certaines formulations intègrent également des huiles de poissons ou, plus surprenant encore, des graisses de mammifères marins comme la baleine ou le cachalot. À ces bases s’ajoutent de nombreux additifs destinés à stabiliser le produit et lui conférer une texture proche du beurre.

Cette complexité de composition explique le fossé qui sépare les deux matières premières. Le boulanger de Dreux ne se trompe pas en qualifiant la margarine de produit « compliqué » : derrière son coût attractif se cache une réalité industrielle aux antipodes du travail artisanal. Et si la teneur en gras reste comparable, l’impact sur le goût du croissant s’avère radical, révélant l’engagement qualitatif de chaque professionnel.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

Publicité

Articles suggérés

Partager sur Facebook