Selon la Revue Francis Lefebvre, l’objectif affiché est « d’améliorer sa lisibilité et de limiter les effets d’aubaine en recentrant ce dispositif sur sa vocation initiale: permettre aux retraités modestes de compléter leurs revenus ». La même source chiffre les économies attendues à 0,4 milliard d’euros en 2027, montant qui grimperait à 1,9 milliard d’euros en 2030.
Pour Paul-Henri Antonmattei, professeur de droit social à Montpellier, la mesure « acte finalement une restriction d’accès au cumul emploi retraite actuel ». Il souligne que « en organisant tout autour de l’âge de 64 ans, on tient compte de la réforme actuelle, la réforme Borne, même si elle est suspendue ».
Un dispositif vieux de 80 ans, déjà plusieurs fois remanié
Le cumul emploi-retraite existe en France depuis 1945. Ses conditions d’exercice ont déjà été modifiées à plusieurs reprises, notamment par les réformes de 2003 et de 2014, selon la Drees. La réforme de 2027 constitue la modification la plus structurelle depuis ces textes, en instaurant pour la première fois une logique d’interdiction progressive selon l’âge.
Avant 64 ans: la pension amputée euro pour euro des revenus du travail
C’est le changement le plus radical. Avant 64 ans, la pension sera réduite à hauteur de 100 % des revenus perçus en travaillant. Concrètement, un retraité qui touche 2 000 euros par mois et gagne 500 euros grâce à un emploi verra sa pension amputée de 500 euros: son revenu total reste bloqué à 2 000 euros, comme s’il n’avait pas travaillé.
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