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14 juin 2026

Démence : le fromage gras réduit le risque de 29 % selon une étude

Des fromages comme le gouda, le Comté ou le brie pourraient réduire le risque de démence chez les personnes de plus de 60 ans, selon deux études scientifiques récentes. Une recherche suédoise portant sur près de 28 000 personnes suivies pendant 25 ans fait état d’un risque de démence vasculaire inférieur de 29 % chez les grands consommateurs de fromages gras. Ces résultats bousculent des décennies de recommandations nutritionnelles qui classaient ces produits parmi les aliments à limiter.

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En bref

  • Risque de démence vasculaire réduit de 29 % chez les amateurs de fromages gras
  • 27 670 Suédois suivis pendant 25 ans dans l’une des deux études
  • Aucun effet protecteur pour les fromages allégés ou le yaourt

Le régime MIND ralentit l’atrophie cérébrale, selon le Journal of Neurology

La première étude suit 1 647 adultes qui adoptent, à des degrés divers, le régime MIND — un mélange d’alimentation méditerranéenne et du modèle DASH. Leur alimentation est analysée en détail, et leurs cerveaux sont scannés à plusieurs reprises au fil du temps.

Plateau de fromages affinés riches en vitamine K2 pour la santé cérébrale
Image d’illustration © Toptenplay

Les auteurs, cités par Psychologies et publiés dans le Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry, concluent : «Dans cette étude de cohorte prospective, une meilleure adhésion au régime MIND était associée à un ralentissement de l’atrophie structurelle cérébrale, notamment en ce qui concerne la perte de substance grise et la dilatation ventriculaire. Ces résultats confirment le potentiel du régime MIND comme stratégie pour préserver la santé cérébrale et retarder le vieillissement structurel du cerveau.»

Parmi les aliments qui ressortent de cette analyse, les fromages très affinés — gouda, Comté, certains chèvres et brebis au lait cru — occupent une place notable. Selon les chercheurs, leur richesse en vitamine K2 et en peptides bioactifs les rendrait particulièrement favorables aux vaisseaux cérébraux et à l’hippocampe, la zone du cerveau directement impliquée dans la mémoire.

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Le régime MIND, une approche nutritionnelle pour le cerveau

Le régime MIND (Mediterranean-DASH Intervention for Neurodegenerative Delay) combine les principes de l’alimentation méditerranéenne et du régime DASH, initialement conçu contre l’hypertension. Il met l’accent sur les légumes verts, les baies, les noix, les légumineuses, les poissons gras et l’huile d’olive, tout en limitant les viandes rouges et les aliments ultra-transformés. Plusieurs études l’associent à un ralentissement du déclin cognitif lié à l’âge.

En Suède, 25 ans de suivi et un risque de démence vasculaire réduit de 29 %

La deuxième étude, menée en Suède, est l’une des plus longues jamais conduites sur ce sujet : 27 670 personnes, d’un âge moyen de 58 ans, ont consigné précisément leur alimentation pendant une semaine, en détaillant notamment leur consommation de fromages riches en graisses — cheddar, gouda, brie. Elles ont ensuite été suivies pendant près de vingt-cinq ans.

Chercheuse analysant des données épidémiologiques sur la démence et l'alimentation
Image d’illustration © Toptenplay

Les résultats, rapportés par Santé Magazine, sont nets : parmi les grands amateurs de ces fromages à plus de 20 % de matières grasses, 10 % ont développé une démence, contre 13 % chez ceux qui en consomment peu. Le risque de démence vasculaire y est inférieur de 29 %.

La chercheuse Emily Sonestedt résume le renversement que représentent ces données : «Pendant des décennies, le débat sur les régimes riches en graisses par rapport aux régimes pauvres en graisses a façonné les conseils de santé, allant même jusqu’à classer le fromage parmi les aliments malsains à limiter. Notre étude a révélé que certains produits laitiers riches en matières grasses pourraient en fait réduire le risque de démence, remettant en question certaines idées reçues sur les matières grasses et la santé cérébrale.»

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Les chercheurs relèvent également un risque un peu plus faible de maladie d’Alzheimer, mais avec une réserve importante : cet effet ne s’observe que chez les personnes qui ne portent pas la variante génétique APOE E4, connue pour augmenter la susceptibilité à la maladie.

29 %
C’est la réduction du risque de démence vasculaire observée chez les grands consommateurs de fromages gras dans l’étude suédoise portant sur 27 670 personnes suivies 25 ans.

Vitamine K2, peptides bioactifs : pourquoi ces fromages agissent différemment des allégés

Un résultat de l’étude suédoise mérite d’être souligné : aucun effet protecteur n’a été retrouvé pour les fromages allégés, le lait, la crème légère, le yaourt, le kéfir ou le beurre. La protection semble donc spécifique aux fromages gras et affinés, et non aux produits laitiers en général.

Coupe d'un fromage à pâte dure affiné riche en vitamine K2 et peptides bioactifs
Image d’illustration © Toptenplay

L’explication avancée par les chercheurs tient à la composition particulière de ces fromages. La vitamine K2, présente en quantité significative dans les fromages à pâte dure et mi-dure affinés, joue un rôle dans la santé vasculaire cérébrale. Les peptides bioactifs libérés lors de l’affinage auraient, quant à eux, des propriétés potentiellement neuroprotectrices, notamment au niveau de l’hippocampe.

Cette distinction entre fromages gras affinés et autres produits laitiers est centrale pour comprendre pourquoi des décennies de recommandations génériques — «limitez les graisses saturées» — n’ont pas capté cet effet. La matrice alimentaire du fromage affiné, sa fermentation et sa concentration en micronutriments spécifiques semblent produire des effets que les autres sources de graisses laitières ne reproduisent pas, selon les données disponibles.

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30 à 40 grammes par portion : les recommandations concrètes, et leurs limites

Les recommandations qui découlent de ces travaux restent mesurées : 30 à 40 grammes de fromage par portion — l’équivalent d’un petit morceau de Comté, de gouda, de brie, de camembert ou de chèvre affiné. L’objectif n’est pas d’augmenter massivement les rations, mais d’intégrer régulièrement ces fromages gras dans une alimentation de type régime MIND, abondante en légumes, poissons, huile d’olive et fruits.

Portion de fromage gras dans une assiette équilibrée de type régime MIND
Image d’illustration © Toptenplay

Une nuance essentielle tempère l’enthousiasme : ces deux études montrent une association entre consommation de fromages gras et réduction du risque de démence, pas une preuve de causalité. Il n’est donc pas établi que le fromage, seul, protège le cerveau.

Pour les personnes présentant un cholestérol élevé ou une hypertension artérielle, doubler les portions reste déconseillé. Le fromage gras devient un allié potentiel de la santé cérébrale s’il s’ajoute à une hygiène de vie globale — et non s’il s’y substitue.

Les deux études n’ont pas encore livré toutes leurs données : les chercheurs suédois indiquent que des travaux complémentaires sont nécessaires pour confirmer les mécanismes biologiques en jeu, notamment le rôle précis de la vitamine K2 et des peptides bioactifs dans la protection vasculaire cérébrale. La question du profil génétique — en particulier la variante APOE E4 — reste ouverte : des études ciblées sur ce sous-groupe pourraient préciser si les personnes à risque génétique élevé bénéficient ou non de cet effet protecteur. Du côté des recommandations nutritionnelles officielles, il reste à voir si ces résultats conduiront les autorités de santé à réviser leurs conseils sur les graisses laitières dans le cadre de la prévention des maladies neurodégénératives.

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