Octobre 2020 marque un tournant. Samuel Paty, enseignant d’histoire-géographie, est assassiné après avoir donné un cours sur la liberté d’expression. Ce meurtre terroriste provoque une onde de choc nationale et relance brutalement le débat sur la protection des professeurs face aux menaces extérieures. Trois ans plus tard, en février 2023, Agnès Lassalle n’aura pas cette chance. Cette professeure d’espagnol de 52 ans est poignardée à mort par un élève de 16 ans en plein cours au lycée Saint-Thomas-d’Aquin de Saint-Jean-de-Luz.
Le calendrier s’accélère. Février 2026 dans le Var : une enseignante d’arts plastiques de 60 ans est poignardée par un élève de 14 ans. L’acte est qualifié de tentative d’assassinat. Deux mois plus tôt, en avril 2025, un lycée de Nantes devient le théâtre d’une attaque au couteau. Un élève de 15 ans tue une camarade et en blesse plusieurs autres avant d’être maîtrisé par des enseignants qui ont risqué leur vie pour protéger leurs élèves.
Quatre drames majeurs en moins de six ans. Quatre situations où la violence a franchi le seuil de l’école pour y semer la mort ou tenter de le faire. Ces cas extrêmes ne représentent que la face visible d’un malaise bien plus profond qui gangrène aujourd’hui les établissements scolaires français.

L’Explosion Des Violences Quotidiennes En Milieu Scolaire
Au-delà de ces tragédies médiatisées, les chiffres révèlent une réalité plus insidieuse : la banalisation progressive des violences dans les établissements français. Un phénomène qui touche désormais la quasi-totalité du corps enseignant.
Selon un sondage OpinionWay portant sur l’année scolaire 2024-2025, 87 % des enseignants déclarent avoir été témoins ou informés d’au moins un fait de violence dans leur établissement. Qu’il s’agisse d’agressions verbales, physiques ou de harcèlement, ces incidents ne constituent plus des cas isolés mais une réalité quotidienne pour près de neuf professeurs sur dix.
L’intensification du phénomène apparaît clairement dans certains territoires. En Seine-Saint-Denis, le nombre d’agressions verbales signalées a plus que doublé en un an. Une flambée qui traduit une dégradation rapide du climat scolaire dans les zones déjà fragilisées. Plus révélateur encore : 65 % des enseignants estiment que la violence a augmenté ces cinq dernières années, confirmant une perception d’escalade généralisée.
Cette violence protéiforme combine insultes, menaces, coups et intimidations psychologiques. Un climat délétère qui érode la capacité des professeurs à exercer sereinement leur métier et transforme certaines salles de classe en terrains de tension permanente.
Face à ces constats alarmants, syndicats et personnels éducatifs réclament désormais une réponse structurelle : moyens de prévention renforcés, soutien psychologique systématique et dispositifs de sécurité adaptés dans les établissements les plus exposés.
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