Calyopé, une fillette de 6 ans, a disparu le 8 avril 2025 dans la Somme, emmenée par sa mère et sa grand-mère maternelle selon son père. Aperçue pour la dernière fois le 15 avril près de la frontière espagnole, elle reste introuvable à ce jour. Aucune alerte enlèvement n’a été déclenchée, une décision qui soulève des questions.
En bref
- —Disparue depuis le 8 avril, vue pour la dernière fois le 15 avril
- —Aucune alerte enlèvement déclenchée par les autorités
- —Une information judiciaire ouverte contre la mère
Une disparition le jour d’un placement en famille d’accueil
Calyopé devait être placée en famille d’accueil le 8 avril 2025, jour de sa disparition, à quelques jours de son sixième anniversaire. Ce rendez-vous avec les services sociaux n’a jamais eu lieu.

Son père, Jordan Belmère, explique qu’il ne voyait plus sa fille depuis deux ans, sa mère refusant selon lui tout contact. La situation familiale tendue aurait également empêché le tribunal de lui accorder la garde de l’enfant.
Pour Jordan Belmère, les faits ne laissent aucun doute : la mère et la grand-mère maternelle de Calyopé ont délibérément soustrait la fillette à l’autorité judiciaire au moment même où son placement était sur le point d’être exécuté.
Une cavale de la Somme jusqu’à la frontière espagnole
Après avoir fui Moislains, dans la Somme, la mère, la grand-mère et la petite fille ont été repérées successivement à Montluçon, puis à Rodez, et enfin à Perpignan.

Elles auraient été vues pour la dernière fois le 15 avril à La Jonquera, localité située à la frontière franco-espagnole. Depuis cette date, les enquêteurs ont perdu leur trace.
« Je dors pas beaucoup, je suis inquiet. Je me pose énormément de questions sur la sécurité, la santé de Calyopé », a confié Jordan Belmère lors d’un entretien accordé à M6 le 16 mai 2025.
Le dispositif alerte enlèvement en France
Créée en 2006, l’alerte enlèvement française est déclenchée sur décision du parquet lorsque plusieurs critères sont réunis : enlèvement avéré, danger physique immédiat pour l’enfant, et éléments permettant de le localiser. L’absence de danger physique caractérisé suffit à bloquer son activation, même lorsqu’un enfant est porté disparu. Ce cadre juridique strict est régulièrement questionné dans des affaires de soustraction parentale.
Pourquoi aucune alerte enlèvement n’a-t-elle été déclenchée ?
L’absence d’alerte enlèvement dans cette affaire interpelle. Me Dorothée Delvallez, avocate du père, apporte une explication : « Les magistrats qui se sont penchés sur la situation de Calyopé ont considéré qu’elle n’était pas en danger physique, on a considéré qu’elle était en danger moral ».

Le dispositif d’alerte enlèvement en France est soumis à des critères stricts, notamment la caractérisation d’un danger physique immédiat pour l’enfant. En l’espèce, les autorités judiciaires n’ont pas estimé que ces conditions étaient réunies.
Cette décision contraste avec la gravité des faits : une enfant soustraite à une décision de placement judiciaire, dont la trace a été perdue à l’étranger depuis plusieurs semaines.
Un père épuisé face à deux ans de démarches judiciaires
Jordan Belmère affirme avoir déposé près de 50 plaintes contre son ex-compagne au fil des années, sans parvenir à faire respecter ses droits parentaux pourtant reconnus lors du divorce.

