
La formulation retenue par les autorités est sans ambiguïté. Un commandant de la gendarmerie a déclaré que les investigations « convergent vers l’hypothèse d’un meurtre de la jeune femme ». Le domicile du couple a été placé sous scellés, signe que la maison est traitée comme une potentielle scène de crime.
Les fouilles ont mobilisé d’importants moyens humains et techniques : hélicoptère, drones, équipes de plongeurs et unités cynophiles ont ratissé les environs de Saint-Étienne-de-Montluc. Au 21 avril, ces recherches n’avaient pas encore permis de localiser le corps de Manon Relandeau.
Féminicides en France : un décompte devenu symbole
En France, les féminicides — meurtres de femmes commis par leur partenaire ou ex-partenaire — font l’objet d’un recensement annuel depuis plusieurs années, sous la pression d’associations et de familles de victimes. L’ouverture d’une enquête pour meurtre par conjoint place l’affaire Relandeau dans cette catégorie des crimes liés à l’emprise conjugale. La dimension internationale — le suspect ayant fui en Algérie avec l’enfant — complique sensiblement le travail des enquêteurs et soulève la question de la coopération judiciaire entre les deux pays.
Cent gendarmes sur le terrain, un numéro vert pour briser le silence
Face à l’impasse des recherches de terrain, la gendarmerie a franchi une étape supplémentaire le 22 avril en lançant officiellement un appel à témoins. Une cellule nationale d’enquête composée de 15 enquêteurs spécialisés a été constituée pour centraliser les témoignages et coordonner l’ensemble des investigations.

Le dispositif déployé au sol est considérable : environ 100 militaires ont été engagés dans les recherches, dont une cinquantaine de gendarmes, des équipes cynophiles, des drones et des plongeurs. Manon Relandeau est décrite comme mesurant 1,60 mètre, de corpulence mince, avec de longs cheveux châtains ondulés. Toute personne disposant d’informations sur sa disparition est invitée à contacter le 0800 877 668, numéro gratuit disponible 24 heures sur 24.
L’affaire Manon Relandeau prend, jour après jour, les contours d’un possible féminicide aux ramifications internationales. Près d’un mois après la disparition de cette jeune femme et de sa fille, les enquêteurs n’ont pas encore retrouvé de corps. Le principal suspect se trouve à l’étranger, hors de portée immédiate de la justice française, en compagnie d’une enfant dont le sort suscite une vive inquiétude. La cellule nationale d’enquête fait désormais appel à la mémoire collective : chaque témoignage, aussi anodin qu’il puisse paraître, pourrait s’avérer déterminant pour que la vérité éclate enfin.
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