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17 août 2026
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Dix ans avec un glioblastome incurable : le combat de Pascal Bliot

Face à la maladie, Pascal a construit ses propres remparts : le bricolage, le Taï-Chi, des amitiés solides. « Si je ne bouge pas, le glioblastome prendra le dessus », dit-il avec la conviction d’un homme qui a compris que l’immobilité est son ennemi. En ce mois de mai, son état est stable. Il témoigne publiquement non pour susciter la pitié, mais pour montrer que ce cancer n’est pas, pour tous, une condamnation immédiate.

Un cancer oublié des politiques : l’urgence sanitaire portée par Des étoiles dans la mer

Derrière le témoignage de Pascal Bliot se dessine un constat accablant : le protocole de prise en charge du glioblastome — chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie — est resté quasiment inchangé depuis 2005. Vingt ans de stagnation pour l’un des cancers les plus meurtriers. L’association montpelliéraine Des étoiles dans la mer, fondée en 2019, tire la sonnette d’alarme : les patients atteints d’un cancer du cerveau sont, selon elle, « les grands oubliés du système de santé, les invisibles des politiques publiques ». Elle réclame que le glioblastome soit enfin traité comme une « urgence sanitaire ».

Un cancer oublié des politiques : l'urgence sanitaire portée par Des étoiles dans la mer
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Pour changer concrètement les choses, l’association — dirigée par Laetitia Levère — porte le projet de La Maison des Étoiles, présentée comme la première maison d’accompagnement dédiée au cancer du cerveau en France. Attendue à Montpellier à l’horizon 2028, elle se veut un lieu de répit pour les patients, les aidants et leurs familles, complémentaire de l’hôpital. En attendant son ouverture, l’association développe des conventions avec des établissements du réseau Unicancer et plusieurs CHU — Caen, Strasbourg, Dijon, Montpellier, Lille, Bordeaux — pour renforcer l’accompagnement sur le terrain.

Du côté de la recherche, des pistes commencent à émerger. L’essai clinique STERIMGLI, dont les résultats de phase II ont été présentés en novembre 2025 au congrès mondial de Neuro-oncologie, a montré qu’une combinaison de radiothérapie stéréotaxique et d’immunothérapie pouvait améliorer de 6 mois la survie médiane en cas de récidive. Des molécules comme le mubritinib, capables de franchir la barrière hémato-encéphalique, ouvrent également de nouvelles perspectives. Des avancées encore fragiles — loin d’un traitement curatif — mais qui alimentent, pour la première fois depuis longtemps, un espoir tangible.

À presque 56 ans, Pascal Bliot n’est pas une statistique. Il est la démonstration que certains patients peuvent déjouer les pronostics les plus sombres, avec l’appui d’une chirurgie de pointe et une volonté sans faille. Mais son histoire, aussi singulière soit-elle, ne doit pas masquer la réalité de milliers d’autres malades pour qui le verdict reste brutal et rapide. Le mois de mai offre une occasion rare de donner de la visibilité à ces patients que l’association Des étoiles dans la mer appelle, sans ambages, les « invisibles ». La bataille pour faire avancer la recherche, améliorer l’accompagnement et obtenir des politiques publiques à la hauteur de la gravité de cette maladie ne fait que commencer.

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