
Trente-sept ans plus tôt, le 2 mai 1989, un autre enfant disparaissait dans le même département : Yannis Moré, 3 ans, s’évaporait devant sa maison à Ganagobie. Entre les deux communes, à peine 60 kilomètres séparent les lieux des disparitions.
C’est la mère de Yannis, Pascaline, qui a été l’une des premières à établir un lien public entre les deux affaires. « C’est la même affaire. Le même âge, le même relief, les mêmes recherches qui ne donnent rien… », déclarait-elle en mai 2024. Un rapprochement que les enquêteurs ont depuis pris au sérieux.
Cinq points communs qui interpellent les enquêteurs
Le premier parallèle est le profil des victimes : deux garçons âgés d’environ 3 ans, particulièrement vulnérables, ayant disparu alors qu’ils se trouvaient sous la garde de leur famille, en plein jour.

Le deuxième point commun concerne les lieux de disparition : Ganagobie comme le Haut-Vernet sont des hameaux isolés, peu peuplés, situés dans un relief accidenté propice à l’absence de témoins.
Troisième similitude, et l’une des plus troublantes : la découverte tardive des vêtements dans des zones pourtant déjà fouillées. Le pantalon, le caleçon et les chaussures de Yannis ont été retrouvés 16 mois après sa disparition dans un secteur préalablement inspecté. Dans l’affaire Emile, ossements et vêtements ont été localisés 9 mois après sa disparition, dans des conditions similaires.
Quatrième élément commun : dans les deux cas, un vaste dispositif de recherches a été déployé — bénévoles, chiens renifleurs, battues — sans résultat immédiat. Enfin, cinquième point : aucun témoin n’a rien vu malgré des disparitions survenues en plein jour dans des zones habitées.
Le pôle cold case, qu’est-ce que c’est ?
Créé pour rouvrir et instruire les affaires criminelles non résolues, le pôle cold case de Nanterre est une juridiction spécialisée qui dispose de moyens d’enquête judiciaire renforcés, notamment en matière d’analyses génétiques. Il a été saisi dans l’affaire Yannis Moré pour tenter de faire avancer un dossier vieux de 37 ans. Ce type de structure permet de croiser des profils ADN avec des bases de données nationales et d’établir d’éventuels liens entre plusieurs affaires.
La piste d’un prédateur local prise au sérieux
Face à ces similitudes, les enquêteurs des deux affaires ont envisagé l’hypothèse d’un prédateur récidiviste opérant dans la région. Les casiers des délinquants sexuels répertoriés dans les environs entre 1989 et 2023 ont été méticuleusement épluchés.
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