La Dissolution De L’Assemblée : Une Tragédie Auto-Infligée
Cette érosion du pouvoir trouve sa source dans une décision qui restera gravée comme l’erreur stratégique majeure du quinquennat. La dissolution de l’Assemblée nationale a précipité ce que Louis Haushalter qualifie sans détour de tragédie personnelle. « Emmanuel Macron a accéléré lui-même sa tragédie personnelle avec la dissolution de l’Assemblée », analyse le journaliste du Figaro.
Ce coup de poker raté révèle un aveuglement politique rare. Le président espérait renforcer son camp, mais s’est retrouvé piégé dans une cohabitation non souhaitée qui paralyse l’action gouvernementale. « Au mieux, il comptait sur ce coup de poker pour renforcer son camp, ce qui révèle son aveuglement. Au pire, il se retrouvait dans une cohabitation qui lui permettait éventuellement de reprendre des points de popularité », précise Haushalter.
Le résultat dépasse les pires scénarios. En un an, la France a connu trois Premiers ministres, un record qui témoigne de l’instabilité institutionnelle engendrée par cette décision. « Son pouvoir est d’autant plus agonisant qu’il est tenu pour responsable de cette paralysie », conclut le journaliste. Emmanuel Macron porte désormais le poids d’un échec dont il est l’unique architecte, une responsabilité qui alourdit chaque jour davantage le bilan de ses années à l’Élysée.

La Quête Désespérée D’Un Héritage Historique
Face à cette paralysie institutionnelle, Emmanuel Macron tente désespérément de graver son nom dans l’Histoire. Ses communicants mettent en avant des résultats tangibles : la baisse du chômage et du recul du terrorisme. Des acquis réels, mais insuffisants pour marquer les mémoires.
Louis Haushalter identifie précisément cette obsession : « On sent que Macron cherche absolument son momentum ». Un moment décisif comparable à l’abolition de la peine de mort par Mitterrand, au non français à la guerre en Irak sous Chirac, ou au sauvetage du système financier mondial orchestré par Sarkozy. La réouverture en grande pompe de Notre-Dame, la reconnaissance de l’État de Palestine devant l’ONU : autant de tentatives spectaculaires pour laisser une empreinte indélébile.
Pourtant, sur les dossiers régaliens qui cristallisent les attentes des Français, le bilan déçoit. Immigration, sécurité, lutte contre l’islamisme : difficile d’ériger Emmanuel Macron en exemple de réussite sur ces terrains sensibles. Cette quête d’un héritage mémorable se heurte à une réalité plus prosaïque, celle d’un mandat marqué par l’instabilité politique et les occasions manquées.
Cette frustration alimente chez le président une amertume croissante, particulièrement envers ceux qui s’impatientent déjà de tourner la page de son règne.

