
L’administration pénitentiaire justifie ce délai par le recours à une escorte de niveau 4, réservée aux profils jugés sensibles et nécessitant la présence des forces de l’ordre. Ce type de dispositif implique une mobilisation spécifique qui peut allonger les délais d’intervention.
À l’hôpital, les soignants décident d’une hospitalisation immédiate. Sarah B. affirme avoir été placée durant environ six heures dans une pièce qu’elle juge insalubre, sans recevoir de soins. L’administration pénitentiaire conteste cette version et parle d’une chambre sécurisée à l’intérieur du CHU.
Les femmes enceintes en détention
En France, les femmes enceintes peuvent être maintenues en détention provisoire jusqu’à l’accouchement. Les établissements pénitentiaires sont tenus d’assurer leur suivi médical, mais la prise en charge sanitaire relève des équipes soignantes et non de l’administration pénitentiaire elle-même. Les épisodes de canicule, de plus en plus fréquents, posent des questions spécifiques sur l’adaptation des cellules aux personnes vulnérables.
Retour en cellule de 9 m² sans climatisation, contre l’avis des soignants
Après la signature d’une décharge, et contre l’avis des soignants selon le récit de la plainte, Sarah B. regagne sa cellule de 9 m², dépourvue de climatisation. Déjà mère de trois enfants et avec des antécédents de grossesses compliquées, elle dit « subir de plein fouet l’épisode de canicule ».

Son avocate pointe le danger particulier que représente la chaleur dans ce contexte médical précis. « Il faut imaginer la température qu’il fait dans 9 mètres carrés, sans climatisation, et les problèmes sanitaires que cela entraîne », déclare Menya-Arab-Tigrine à RTL. Elle juge cette chaleur « accablante » et « dangereuse », propice aux infections dans un contexte de poche des eaux fissurée.
L’avocate va plus loin dans sa déclaration : « Les vies de ma cliente et de son bébé, depuis la fissure de sa poche des eaux, sont en danger immédiat. Ce n’est pas une mesure de confort ; c’est simplement leur permettre d’échapper à la mort. » Elle dénonce également des « pressions psychologiques » avec des propos rapportés tels que « Tu accoucheras seule dans ta cellule, le bébé sortira tout seul », alors que les permis de visite au parloir sont censés être transposés à l’hôpital.
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